Affaire Carlos Ghosn : nouvelle plainte des avocats de l’ex-PDG de Renault-Nissan auprès de l’ONU

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Carlos Ghosn : l’ex-patron de Renault rattrapé par les affaires

JUSTICE – Les avocats de Carlos Ghosn, François Zimeray et Jessica Finelle, lancent la riposte : les robes noires ont déposé vendredi dernier dans la soirée à Genève une nouvelle plainte sur la détention arbitraire initiée par le Haut-commissariat des Nations unies des droits de l’homme.

Ils sont mandatés par l’épouse et les quatre enfants de l’ancien président de Renault-Nissan et font tout pour le tirer d’affaires. Vendredi soir, Me François Zimeray et Me Jessica Finelle, ont déposé à Genève une nouvelle plainte sur la détention arbitraire initiée par le Haut-commissariat des Nations unies des droits de l’homme.

Ce texte fait suite à ceux déjà transmis à l'instance internationale les 4 mars et 12 avril derniers. Par ces actions, les avocats de Carlos Ghosn souhaitent pointer du doigt la persécution judiciaire subie par leur client "dans le cadre de sa privation de liberté par les autorités japonaises". 

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"Isoler et détruire psychologiquement le suspect "

Ce dimanche, Le JDD révèle en exclusivité des extraits de cette requête qui sera rendue publique lundi. "Depuis le jour de sa première arrestation, théâtralisée publiquement par le parquet japonais dans le seul but de l'humilier, Monsieur Ghosn n'a jamais retrouvé la liberté de se défendre équitablement", peut-on y lire notamment. "En sorte que la situation actuelle est un continuum de l'incarcération commencée le 19 novembre et dont les abus, dénoncés dans la saisine, n'ont pas cessé, écrivent ensuite les deux avocats. Il en va notamment de sa 'remise en liberté' sous caution le 25 avril 2019, assimilable à une assignation à résidence marquée par des contacts très limités avec l'extérieur et par l'interdiction de communiquer avec son épouse, nullement justifiée en droit, traduisant l'intention des autorités japonaises de continuer à isoler et à détruire psychologiquement le suspect pour affaiblir sa capacité à se défendre de manière effective."

Pour la défense de l’ancien président de Renault-Nissan, tout cela constitue une nouvelle preuve du "hostage justice system" (la justice des otages). 

L'absence de tout contact direct avec son épouse sauf autorisation préalable du tribunal apparaît particulièrement choquante- Les avocats de Carlos Ghosn

Me Zimeray et Finelle contestent également les conditions de la nouvelle remise en liberté sous caution de leur client, remise en liberté qu’ils comparent à une assignation à résidence. Concernant l'interdiction sans limite de temps de rencontrer son épouse Carole, les avocats indiquent : "L'absence de tout contact direct avec son épouse sauf autorisation préalable du tribunal apparaît particulièrement choquante, tant elle est injustifiable en l'espèce et attentatoires aux droits fondamentaux de l'intéressé". 

Quatre inculpations

Arrêté le 19 novembre à Tokyo, Carlos Ghosn fait l'objet de quatre inculpations par la justice japonaise : deux pour des dissimulations de revenus dans des documents boursiers et deux pour des cas différents d'abus de confiance aggravé, dont détournement présumé de fonds de Nissan.

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L'ancien PDG de Renault-Nissan, soupçonné de malversations financières, avait été libéré sous caution le 25 avril à l'issue de trois semaines de détention, mais en échange de conditions plus drastiques que lors de sa première sortie de prison début mars, après 108 jours derrière les barreaux.

Naguère tout-puissant, il a perdu tous ses titres au sein des trois constructeurs qu'il avait rapprochés pour bâtir la première alliance automobile mondiale : Renault, Nissan - inculpé dans un des volets de l'affaire et à l'origine de l'enquête interne qui a fait tomber son ancien sauveur -, et Mitsubishi Motors.  

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