Affaire des "écoutes" : Dupond-Moretti justifie l'enquête administrative contre des magistrats du PNF

Affaire des "écoutes" : Dupond-Moretti justifie l'enquête administrative contre des magistrats du PNF

FADETTES - Une enquête administrative a été ouverte contre des magistrats du Parquet national financier, pointé du doigt pour avoir exploité les relevés téléphoniques de plusieurs avocats, dont Eric Dupond-Moretti. Devenu ministre de la Justice, celui-ci écarte tout conflit d’intérêt dans ce dossier.

Face aux critiques, Eric Dupond-Moretti assume. Le Garde des Sceaux a justifié dimanche 20 septembre sa décision d'ouvrir une enquête administrative contre trois magistrats du parquet national financier (PNF), au nom de la nécessaire "responsabilité" de la profession.

Vivement fustigée par plusieurs syndicats de magistrats, dont les deux principaux qui y voient une "attaque inédite" de l'institution judiciaire, cette enquête vise l'ancienne cheffe du PNF Eliane Houlette, aujourd'hui retraitée, et deux de ses subordonnés. Annoncée vendredi 18 septembre, elle fait suite à un rapport de l'Inspection générale de la justice (IGJ), qui n’a pourtant pas mis en lumière de "dysfonctionnement majeur" dans l’enquête menée par le PNF pendant six ans pour identifier la "taupe" ayant pu informer Nicolas Sarkozy et son défenseur Thierry Herzog qu'ils étaient sur écoute dans une affaire de corruption.

Interrogé sur France Info, Eric Dupond-Moretti a insisté dimanche sur la gravité des faits reprochés aux magistrats, "susceptibles d'être regardés comme des manquements au devoir de diligence, de rigueur professionnelle et de loyauté". Le PNF a notamment été mis en cause pour avoir épluché les relevés téléphoniques ("fadettes") de ténors du barreau - dont Eric Dupond-Moretti, alors avocat. Avant d'être nommé ministre, ce dernier avait lui-même dénoncé sur LCI des "méthodes de barbouzes". "Ça vous paraît normal (...) de la part de magistrats ?", s'est interrogé dimanche le ministre de la Justice, "qu'aurait-on dit si on n'avait pas demandé à en savoir davantage ?"

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"On marche sur la tête !"

Le ministre a fustigé Eliane Houlette, qui a refusé de répondre aux questions de l'IGJ au motif que son enquête était à ses yeux illégale. "Ce sont des gens qui convoquent les Français tous les jours, qui leur demandent des comptes, qui exigent de la transparence, et qui ne veulent pas répondre à un certain nombre de questions quand elles leur sont posées, mais on marche sur la tête !", s'est étranglé le Garde des Sceaux.

"Je défends la magistrature quand on l'accuse de laxisme, je la défends quand on l'accuse de ne pas faire son travail, mais je ne peux pas la défendre quand elle prend la fuite et quand elle n'assume pas sa responsabilité", a-t-il ajouté.

Eric Dupond-Moretti a enfin écarté tout "conflit d'intérêt" dans ce dossier, rappelant que le rapport de l'IGJ avait été commandé par sa prédécesseure Nicole Belloubet.

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