Affaire des "écoutes": Nicolas Sarkozy sera jugé pour corruption du 5 au 22 octobre

Affaire des "écoutes": Nicolas Sarkozy sera jugé pour corruption du 5 au 22 octobre
Justice

JUSTICE - L'ancien président de la République Nicolas Sarkozy comparaîtra du 5 au 22 octobre 2020 devant la 32e chambre du tribunal correctionnel de Paris pour corruption. Son avocat, Thierry Herzog et l'ex-haut magistrat Gilbert Azibert seront aussi jugés à ces dates pour "violation du secret professionnel".

Les dates viennent d'être rendues publiques. Le procès de Nicolas Sarkozy dans l'affaire dite des "écoutes" se tiendra du 5 au 22 octobre, a indiqué mercredi le tribunal correctionnel de Paris. Pour la première fois sous la Ve république, un ancien président de la République sera jugé pour corruption. 

Nicolas Sarkozy est soupçonné d'avoir tenté d'obtenir début 2014, par l'entremise de son avocat Thierry Herzog, des informations secrètes auprès de l'ex-haut magistrat Gilbert Azibert dans une procédure concernant la saisie de ses agendas en marge de l'affaire Bettencourt (soldée pour lui par un non-lieu en 2013) et ce, en échange d'un coup de pouce supposé pour un poste à Monaco. 

En juin dernier, la Cour de cassation a rejeté les derniers recours formés par l'ancien chef de l'Etat, son avocat et ami Thierry Herzog et l'ex-haut magistrat Gilbert Azibert qui tentaient d'éviter un procès.

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Réquisitoire sévère

Au terme de leur instruction, les juges avaient ordonné le 26 mars 2018 un procès pour "corruption" et "trafic d'influence" contre les trois hommes, conformément aux réquisitions du Parquet national financier (PNF). Thierry Herzog et Gilbert Azibert seront aussi jugés pour "violation du secret professionnel".

Dans un réquisitoire sévère en octobre 2017, le PNF avait comparé les méthodes de Nicolas Sarkozy à celles d'"un délinquant chevronné" et stigmatisé les nombreux recours intentés par ses avocats qui avaient "paralysé" l'instruction.

L'affaire trouvait son origine dans les interceptions de conversations téléphoniques de l'ex-chef de l'Etat avec son avocat, diligentées dans le cadre de l'enquête sur les accusations de financement libyen de sa campagne de 2007. Les policiers avaient découvert que Nicolas Sarkozy utilisait un portable secret ouvert au moyen d'une carte pré-payée sous l'alias de "Paul Bismuth" pour communiquer avec un unique interlocuteur: son avocat.

D'après les écoutes, Nicolas Sarkozy semblait s'engager à intervenir en faveur de Gilbert Azibert pour un poste de prestige sur "le Rocher", qu'il n'a finalement jamais eu. Nicolas Sarkozy avait renoncé à cette démarche au dernier moment, toujours d'après ces interceptions. Pour les enquêteurs, ce revirement peut s'expliquer par le fait que l'ex-président et Thierry Herzog venaient d'apprendre que leurs téléphones secrets étaient sur écoute.

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