"Mur des cons" : cinq ans après la polémique, une magistrate en procès

"Mur des cons" : cinq ans après la polémique, une magistrate en procès

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JUSTICE - A compter de ce mardi, l'ancienne présidente du Syndicat de la magistrature comparaît pour injures publiques à Paris dans l'affaire du "Mur des cons" qui avait suscité un tollé en 2013. Révélée par le site Atlantico à partir des images d'un journaliste de France 3, elle avait relancé le débat sur l'indépendance des magistrats et ouvert la voie à une douzaine de plaintes.

Pour sa défense, le Syndicat de la magistrature avait évoqué un "défouloir (…) dans un lieu privé (...) qui n'est pas accessible au public". A compter de ce mardi, son ex-présidente Françoise Martres comparaît pour injures publiques à Paris dans l'affaire du "mur des cons" qui avait suscité une vive polémique à droite en 2013. Relançant le débat sur l'indépendance des magistrats et ouvrant la voie à une douzaine de plaintes, elle avait été révélée en 2013 par le site Atlantico à partir d'images tournées au smartphone par un journaliste de France 3. Sur celles-ci, on pouvait voir un panneau dont le surnom a donné son nom à l'affaire, et où étaient collés les portraits de dizaines de personnalités politiques, surtout de droite, mais aussi d'intellectuels, de magistrats et de journalistes, dont Nicolas Sarkozy, Brice Hortefeux, Jacques Attali ou encore Nadine Morano et Christine Boutin.  "Avant d'ajouter un con, vérifiez qu'il n'y est pas déjà", était-il précisé au côté des photos épinglées pêle-mêle sur un panneau d'affichage de ce syndicat classé à gauche.


Après la diffusion des images, douze plaintes pour injure publique avaient été déposées contre Françoise Martres, 61 ans, qui présidait alors le syndicat. Neuf émanent d'élus ou ex-élus Les Républicains (ex-UMP), comme Patrick Balkany, Eric Woerth ou Luc Chatel tandis que trois autres ont été déposées par le RN.


Mais d'autres personnalités figurant sur le trombinoscope et qui n'avaient pas porté plainte à l'époque, à l'instar du polémiste Dieudonné, devraient se constituer partie civile au procès, selon des sources concordantes. 

"La sainte alliance de la droite (...) contre le syndicalisme judiciaire"

Au cœur du procès de Françoise Martres ? La question du caractère public ou non du trombinoscope tout comme la question de la prescription, qui n'est que de trois mois en matière d'injures, et celle de la qualité d'"éditrice" retenue pour la poursuivre.


Lorsque l'affaire avait éclaté, cette dernière avait décrit un trombinoscope "fait à une ancienne époque, sous l'ère Sarkozy, où les magistrats étaient attaqués de toutes parts", en assurant qu'il n'avait pas été actualisé depuis sa nomination à la tête du syndicat en décembre 2012. Elle exerce aujourd'hui au tribunal de Bordeaux. Son avocat, Antoine Comte, qui dénonce "une procédure totalement artificielle", voit dans ce procès "la sainte alliance de la droite extrême et de la droite républicaine contre le syndicalisme judiciaire".


A l'époque, le Front national et l'UMP s'étaient emparés du sujet pour relancer le débat sur l'indépendance des magistrats, tandis que juges et avocats dénonçaient au contraire une instrumentalisation de l'affaire. Depuis, l'ancien président Nicolas Sarkozy, la droite ou le Rassemblement national (RN, ex-FN) l'ont régulièrement invoqué pour dénoncer la partialité supposée de certains magistrats.

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