Affaire Fillon : l'ex-procureure "regrette" que ses propos aient été "déformés"

Affaire Fillon : l'ex-procureure "regrette" que ses propos aient été "déformés"
Justice

CONTRE-FEU - Eliane Houlette avait évoqué la "pression du parquet général" lors de l'enquête visant les époux Fillon. L'ancienne cheffe du Parquet national financier (PNF) est revenue sur ses déclarations. Elle "regrette" que ses propos aient été "déformés ou mal compris".

Elle avait rebraqué, malgré elle, les projecteurs sur l'affaire Fillon. Entendue le 10 juin par la commission d'enquête parlementaire sur l'indépendance de la justice, l'ex-cheffe du Parquet national financier (PNF) Eliane Houlette s'était émue du "contrôle très  étroit" et la "pression" qu'aurait exercés le parquet général, son autorité de tutelle directe, dans la conduite des investigations visant dès janvier 2017 les époux François et Pénélope Fillon après des soupçons d'emplois fictifs révélés par le Canard Enchaîné

Dans un communiqué, transmis à l'AFP par son avocat Me Jean-Pierre Versini-Campinchi ce vendredi 19 juin, l'ancienne procureure du PNF "regrette" que ses propos lors de cette audition à l'Assemblée nationale, qui ont suscité l'émoi, aient été "déformés ou mal compris". Eliane Houlette "tient à ce qu'il soit bien compris que M. Fillon n'a pas été mis en examen à la demande ou sous la pression du pouvoir exécutif", précise la déclaration. "L'enregistrement de l'audition, accessible sur le site de l'Assemblée nationale, montre que les pressions qu'elle a mentionnées ne portent pas sur les faits reprochés à M. Fillon ni sur le bien-fondé des poursuites diligentées contre lui. Elles étaient d'ordre purement procédural", souligne-t-elle.

"Que s'apaise une polémique inutile"

Dans sa déclaration de vendredi, celle qui a dirigé le Parquet national financier (PNF) de février 2014 jusqu'à son départ à la retraite fin juin 2019 "souhaite que s'apaise une polémique inutile" et "tient à confirmer que la décision du PNF d'ouvrir dans le dossier Fillon une information judiciaire confiée à un juge d'instruction procède de la seule décision de ce parquet liée à l'évolution du droit de la prescription". Cette décision ne procède "pas de pressions qu'elle aurait subies", martèle-t-elle.

Lire aussi

Devant la commission d'enquête, l'ex-procureure avait notamment évoqué "des demandes de transmission rapide" sur les actes d'investigation ou les auditions. Elle avait aussi révélé avoir été convoquée par le parquet général, qui plaidait pour que l'enquête soit confiée à un juge d'instruction. "On ne peut que se poser des questions, c'est un contrôle très étroit et c'est une pression très lourde", avait-elle affirmée. 

Toute l'info sur

L'affaire Penelope Fillon

Passées inaperçues, ces déclarations ont resurgi dans un article du Point, suscitant de nombreuses accusations d'instrumentalisation de la justice dans le camp LR, dont François Fillon était le candidat en 2017, mais aussi de la part de Marine Le Pen (RN) ou Jean-Luc Mélenchon (La France insoumise).

Sur le même sujet

Et aussi

Lire et commenter

Alertes

Recevez les alertes infos pour les sujets qui vous intéressent