Affaire Fiona : le procès en appel est renvoyé

JUSTICE - Le procès en appel de Cécile Bourgeon et Berkane Makhlouf qui se déroulait devant la cour d'assises de Haute-Loire vient d'être renvoyé au 29 janvier 2018. En cause, un vif incident entre les avocats des parties civiles et de la défense vendredi dernier.

Le procès en appel de Cécile Bourgeon et Berkane Makhlouf est renvoyé. Décision retentissante ce lundi de la cour d'assises de Haute-Loire, qui a renvoyé l'affaire à la prochaine session d'assises, le 29 janvier 2018. Dans l'attente de ce nouveau procès, les accusés, poursuivis pour violences ayant entraîné la mort de Fiona, restent en détention. 


Un peu plus tôt ce lundi, l'audience qui se jouait depuis une semaine au Puy-en-Velay s'était rouverte dans une ambiance pesante. Les avocats de la défense avaient sollicité un renvoi. La raison ? Un vif incident d'audience survenu vendredi et à l'issue duquel le procès en appel avait été ajourné. Pour les avocats des accusés, leur "probité" avait été mise en cause par une avocate des parties civiles. Ils estimaient dans ce contexte ne plus être en mesure d'intervenir pour Cécile Bourgeon et Berkane Makhlouf. Dossiers sous le bras, ils avaient quitté la salle d'audience dans un fracas. 


Le président de la cour Étienne Fradin, qui avait tenté vainement de les faire revenir, avait alors annoncé que l'audience reprendrait lundi matin, avec les mêmes avocats de la défense, mais désormais désignés d'office. 

"La probité" des avocats de la défense mise en cause

L'incident s'était noué tandis qu'un témoin de l'entourage du couple d'accusés dans le milieu des stupéfiants était interrogé vendredi. Marie Grimaud, avocate d'une association de protection de l'enfance, avait fait remarquer à la cour que cet homme avait été assisté par Me Mohamed Khanifar, avocat de Berkane Makhlouf, lors d'une garde à vue au début de l'affaire. Berkane Makhlouf n'était alors pas encore incriminé dans la disparition de Fiona. Me Grimaud avait par ailleurs ajouté que l'avocat de Cécile Bourgeon avait, de son côté, conseillé Berkane Makhlouf au tout début, quand les deux accusés d'aujourd'hui étaient parties civiles, laissant entendre une connivence dans les rangs de la défense.


Me Portejoie et Me Khanifar s'estimant accusés de "subornation de témoin et de collusion" avaient ordonné des excuses. A la reprise des débats vendredi après-midi, l'avocate s'était excusée sans convaincre : "Je vous prie de bien vouloir m'excuser, mes chers confrères, là n'étaient pas mes propos. Si vous les avez perçus comme tels, c'est que je n'ai pas su m'exprimer et ce type de propos n'aura plus lieu d'intervenir". La brèche était ouverte, la défense s'y est engouffrée. 

La séance avait alors été suspendue et les deux avocats de la défense avaient quitté les lieux, leurs dossiers sous le bras. Le président avait tenté de les faire revenir, en vain.  

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