Affaire Fiona : vers un nouveau procès en raison d'une histoire d'apéritif ?

Justice
JUSTICE - L'avocat de Cécile Bourgeon, condamnée à 20 ans de prison, a assuré ce dimanche sa volonté de se pourvoir en cassation, notamment en raison d'un verre partagé entre le président de la cour d'assises et d'autres avocats de l'affaire. Un apéritif qui met en cause selon lui l'impartialité de la cour.

Renaud Portejoie semble convaincu : l'affaire Fiona va se retrouver une nouvelle fois devant la justice. L'avocat de Cécile Bourgeon, condamnée dans la nuti de samedi à dimanche à 20 ans de prison pour la mort de la fillette, a assuré à l'issue du verdict qu'il allait se pourvoir en cassation. Et ce, grâce à une histoire d'apéritif, déjà évoquée – en vain – par l'avocat il y a quelques jours.


"Aux regards des graves événements qui ont émaillé cette audience, nous allons naturellement régulariser un pourvoi en cassation dès lundi", a expliqué Renaud Portejoie dimanche en quittant le prétoire. Avant d'ajouter que ce pourvoi "aboutira probablement. Il y aura donc un [nouveau] procès Fiona."  S'il n'a pas explicité sa pensée, nul doute que l'avocat faisait référence à ce qu'il qualifie de manque d'impartialité du président de la cour d'assises de la Haute-Loire. 

Une rencontre "totalement inopportune"

Etienne Fradin aurait en effet, selon la défense de Cécile Bourgeon, manqué à son devoir d'impartialité le 31 janvier dernier. En cause : une sombre histoire d'apéritif, pris par le président de la cour d'assises avec certains avocats de l'affaire dans un hôtel du Puy-en-Velay. Partager un verre avec des avocats des parties civiles ? Une erreur selon Renaud Portejoie. Le 3 février, celui-ci avait donc dénoncé une rencontre "totalement inopportune", demandant un renvoi du procès. Une requête rejetée par la cour deux jours plus tard.


Les avocats des parties civiles avaient aussi réagi à ces accusations, en mettant en avant que l’un des conseils de la défense était également présent, aux côtés du président à ce moment-là. Selon 20 Minutes, "les images de vidéosurveillance de l’hôtel ont déjà été visionnées, sous contrôle d’huissier, et attestent, en effet, de la présence de Mohamed Khanifar, l’avocat de Berkane Makhlouf (ndlr : l'ex-compagnon de Cécile Bourgeon) au bar de l’hôtel."

"Casser cette décision"

Interrogé ce dimanche par France Info, Renaud Portejoie affirme quoi qu'il en soit que "l'impartialité du président est remise en cause". Avant de préciser : "Ma cliente ne peut pas s'empêcher de faire une relation. Je ne vais pas aussi loin". En raison de cet apéritif et d'un certain nombre d'incidents qui ont émaillé le procès, Renaud Portejoie ajoute qu'un pouvoi en cassation est la prochaine étape : "Nous avons confiance en la Cour de cassation pour casser cette décision qui nous paraît hasardeuse et imprudente et faire en sorte qu'une nouvelle décision soit rendue dans quelques mois". 


Techniquement, le dépôt d'un pourvoi ce lundi devrait être suivi de l'ouverture d'un délai de quatre mois durant lequel les conseillers de Cécile Bourgeon doivent exposer leurs griefs par écrit. Puis les avocats de la partie adverse auront deux mois pour y répondre. Si elle estime que le verdict est irrégulier, la Cour de cassation pourra casser la décision et demander un renvoi devant une cour d'appel.

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