Affaire Legay : le procureur de Nice a menti pour ne pas "embarrasser" Emmanuel Macron

Justice
JUSTICE - Le procureur de Nice, Jean-Michel Prêtre, avait dédouané la police dans l'affaire de la manifestante niçoise blessée lors d'une manifestation de Gilets jaunes en mars dernier. Avant de reconnaître avoir menti pour ne pas embarrasser Emmanuel Macron.

Le 23 mars dernier, Geneviève Legay, 73 ans, s’effondrait après une charge policière, en marge d’une manifestation interdite des Gilets jaunes à Nice. Le 25 mars, Emmanuel Macron affirmait dans les pages de Nice-Matin que la retraitée militante d’Attac n’avait pas eu de "contact avec les forces de l’ordre". 


Le procureur de Nice, Jean-Michel Prêtre, s’était alors uni aux déclarations présidentielles en déclarant lors d’une conférence de presse que Mme Legay n’avait "pas été touchée par les forces de sécurité". Avant de reconnaître l’inverse, quatre jours plus tard, après avoir été mis en cause dans sa gestion de l'affaire. M. Prêtre a alors avoué à sa hiérarchie avoir menti pour éviter de mettre Emmanuel Macron dans l’embarras en lui opposant une version contraire, comme le révèle Le Monde ce mercredi 24 juillet. Un mensonge de sa propre initiative, a-t-il assuré auprès de ses supérieurs. 

L'enquête transférée à Lyon

Après ces nouvelles révélations, Geneviève Legay a saisi ce mercredi 24 juillet "le Conseil supérieur de la magistrature en vue d'obtenir une sanction et une destitution de M. Prêtre de ses fonctions actuelles", a annoncé Attac dans un communiqué. Le porte-parole de la Chancellerie, Youssef Badr, a confirmé à l'AFP que le procureur de Nice avait bien été entendu en avril par le procureur général d’Aix Robert Gelli, à la demande du directeur des services judiciaires.


S'agissant de l'enquête, la Cour de cassation a décidé le 10 juillet dernier de la transférer à Lyon, où elle va être menée par un juge d'instruction. Ouverte pour violences, elle vise un policier, accusé d'avoir causé à Mme Legay un traumatisme crânien en provoquant sa chute. 

Sur le plateau de LCI ce jeudi, le député LFI a dénoncé une nouvelle fois une "dépendance malsaine de la justice vis-à-vis du politique".

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