Affaire Grégory : "coups", "cheveux arrachés", un cousin de Murielle Bolle affirme que la jeune fille a subi des pressions de sa famille

TEMOIN SURPRISE - Murielle Bolle restera-t-elle sous les verrous ou va-t-elle bénéficier, comme les époux Jacob, d'un contrôle judiciaire ? La chambre de l'instruction de Dijon décide ce mardi du sort de ce témoin clé de l'affaire Grégory. En attendant, le témoignage d'un cousin éloigné, à l'origine de sa mise en cause, vient d'être rendue public.

Démêler le vrai du faux. Telle est la priorité des enquêteurs, 32 ans après la mort du petit Grégory. Après avoir relancé l'affaire il y a deux semaines en mettant en examen un grand-oncle et une grand-tante du petit garçon, ils se concentrent désormais sur le témoignage fluctuant de Murielle Bolle, mise en examen et écrouée jeudi 29 juin pour "enlèvement de mineur suivie de mort". 


La jeune femme avait en effet affirmé en 1984 avoir assisté au rapt du petit Grégory, avant de se rétracter. Pourquoi l'adolescente - Murielle Bolle, 48 ans aujourd'hui, en avait 15 à l'époque - avait-t-elle changé de version ? C'est ce que veulent savoir les enquêteurs. Cette dernière a toujours accusé les gendarmes de lui avoir extorqué un témoignage accablant sur son beau-frère Bernard Laroche, premier suspect dans l'affaire. Mais pour l'accusation, ce serait au contraire dans sa famille qu'elle aurait "subi des pressions, voire des actes de violence de la part de son entourage", pour la faire revenir sur ses déclarations, dès le lendemain.

"Violentée, insultée, menacée"

Un nouveau témoignage en ce sens, d'un cousin éloigné, semble être la pierre angulaire de la récente mise en cause de Murielle Bolle. L'idée n'est pas neuve : des témoins indiquaient depuis longtemps, dans le dossier, qu'elle aurait été "malmenée" à son retour chez elle, le 5 novembre 1984. Mais celui-ci est "très précis" et émane "de quelqu'un qui a vraiment vu ce qui s'est passé, il parle de violences physiques", assure le procureur général de Dijon, Jean-Jacques Bosc. Après avoir consulté les procès-verbaux recueillis le 17 juin par des gendarmes de la section de recherche de Dijon, Le Figaro a dévoilé ce lundi les déclarations de ce cousin âgé de 54 ans.


Dans cette déposition, il parle d'une réunion de famille improvisée durant laquelle Murielle Bolle a été violentée, insultée et menacée par sa sœur Marie-Ange, son père Lucien et sa mère Jeannine. L'adolescente "était en train de se faire massacrer à l'étage, par Marie-Ange, sa mère et le Titi. On l'entendait hurler, j'ai été choqué de voir Marie-Ange avec une poignée de cheveux de Murielle dans la main", a-t-il confié aux enquêteurs.


Toujours selon ses dires, après ces violences, la jeune fille a été envoyée dehors et c'est là qu'elle lui aurait fait des confidences.  Elle lui aurait "juré sur la tête de sa mère" qu'elle ne ment pas et que c'est bien Bernard Laroche qui a pris Grégory avec lui devant la maison des parents, puis qui "a remis le gamin à deux personnes, alors qu'il faisait presque nuit". 

Ce que j’ai déclaré ne m’a pas été volé de la bouche, pas extorquéLe cousin de Murielle Bolle

Mais comment savoir si ce fameux cousin éloigné dit la vérité, tant les versions ont été multiples dans cette affaire ? Interrogé par Le Parisien, il s'explique pour la première fois : "C’est moi qui ai pris contact avec la gendarmerie, j’en assume entièrement la responsabilité. Ce que j’ai déclaré ne m’a pas été volé de la bouche, pas extorqué". Et il poursuit : "A l’époque, quand on a appris l’incarcération de Bernard (ndlr, Laroche), on est tous monté dans les Vosges. J’étais donc présent. Je serais capable de faire un plan détaillé de la maison. Je peux vous dire que Murielle s’est fait démonter, je veux dire qu'elle a été frappée par plusieurs personnes, elle a pris une sacrée volée. Ça m’attriste encore aujourd’hui. Parfois, je me dis que j’aurais peut-être pu intervenir. Mais j’avais à peine plus de 20 ans... " Des déclarations, en tout cas, suffisamment prises au sérieux pour que la présidente de la chambre d'instruction fasse le déplacement en personne pour l'entendre à son domicile.

Tout savoir sur

Tout savoir sur

L'affaire Grégory

Plus d'articles

Sur le même sujet

Lire et commenter