Affaire Grégory : la garde à vue de 1984 de Murielle Bolle va-t-elle définitivement disparaître du dossier judiciaire ?

Justice
POSSIBLE TOURNANT - La Cour de cassation a reconnu mardi que la garde à vue de Murielle Bolle en 1984, l'une des pierres angulaires de ce cold case français, s'est déroulée dans des conditions non constitutionnelles. La cour d'appel de Paris pourrait donc décider de l'annulation de cette garde à vue, pièce maîtresse de cette enquête sans fin.

C'était une décision très attendue. La Cour de cassation a reconnu ce mardi que la garde à vue de Murielle Bolle, survenue quelques jours après la mort de Grégory Villemin, retrouvé dans une rivière des Vosges le 16 octobre 1984, s'est déroulée en application de dispositions "inconstitutionnelles". Alors âgée de 15 ans, l'adolescente avait accusé son beau-frère Bernard Laroche d'avoir kidnappé le petit garçon de 4 ans en sa présence, avant de se rétracter en dénonçant la contrainte des gendarmes. 


"Ils m'ont dit que j'étais qu'une menteuse, que j'étais la maîtresse de Bernard (Laroche), que je couchais avec Bernard (Laroche), que je le protégeais", déclarait-elle au micro de TF1 il y a quelques mois. Et de poursuivre : "j'avais tellement peur, j'avais 15 ans et peur des gendarmes, je voulais juste rentrer chez moi et après j'ai répondu 'oui' à toutes leurs questions." Depuis, sa volte-face, Murielle Bolle n'a cessé de clamer l'innocence de Bernard Laroche, qui a été tué par Jean-Marie Villemin, le père de Grégory, en 1985. 

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Murielle Bolle : l'interview exclusive à TF1 et LCI

Des procès verbaux sans aucune valeur juridique ?

La Cour de cassation, la juridiction la plus élevée dans l'ordre judiciaire français, s'est penchée sur la garde à vue de Murielle Bolle, car le Conseil constitutionnel avait, en novembre dernier, jugé inconstitutionnelle l'ordonnance de 1945 sur 

"l'enfance délinquante", qui régissait à le traitement judiciaire des mineurs en 1984, au moment de la garde à vue de l'adolescente. La loi ne prévoyant alors, par exemple, ni présence d'un avocat, ni notification du droit de se taire. 


Les "Sages" ont donc estimé que les droits fondamentaux de Murielle Bolle n'étaient pas assurés à l'époque. C'est pourquoi la Cour de cassation a chargé la cour d'appel de Paris de réexaminer la question de l'annulation de sa garde à vue. Le cas échéant, ce qu'a dit Murielle Bolle au cours de cette garde à vue ne figurerait donc plus dans le dossier. Un tel cas de figure affaiblirait encore un peu plus l'une des plus célèbres enquêtes criminelles françaises, frappée dés le départ par d'innombrables errements. Maître Thierry Moser, l'avocat de la famille Villemin, a exprimé sa "satisfaction" après la décision de la Cour de cassation, tout en estimant que cet arrêt "ne va pas entraver de façon significative la recherche de la vérité". 


Désormais mère de famille et âgée de 49 ans, Murielle Bolle souhaite pour sa part définitivement tourner cette page.

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