Affaire Grégory : la première garde à vue de Murielle Bolle en passe d'être annulée ?

Affaire Grégory : la première garde à vue de Murielle Bolle en passe d'être annulée ?

TOURNANT - La cour d'appel de Paris examine ce mercredi la validité de la garde à vue de Murielle Bolle en 1984 dans l'affaire Grégory, qui pourrait être annulée, avec des conséquences en cascades sur l'ensemble de l'enquête sur la mort du petit garçon.

Lors de l'entretien qu'elle avait accordé à TF1 le 3 novembre 2018, Murielle Bolle, désormais mère de famille et âgée de 50 ans, avait exprimé son souhait de définitivement tourner la page de l'affaire Grégory. Une décision de justice spectaculaire pourrait bientôt l'y aider. Ce mercredi, la cour d'appel de Paris examine la validité de sa garde à vue de 1984, qui pourrait être purement et simplement annulée, ce qui entraînerait l'annulation des procès-verbaux, éléments centraux de ce dossier tentaculaire. 

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Lors de cette première garde à vue, début novembre 1984, Murielle Bolle, alors âgée de 15 ans, avait dit aux enquêteurs que son beau-frère Bernard Laroche avait pris en voiture, sous ses yeux, Grégory Villemin, quatre ans, avant d'arrêter le véhicule quelques instants plus tard, de sortir avec le garçon et de revenir sans lui. L'enfant avait été retrouvé mort quinze jours plus tôt dans les eaux de la Vologne, pieds et mains attachés. Mais l'adolescente s'était ensuite rétractée en assurant avoir tenu ces propos sous la contrainte des gendarmes. Elle n'a, depuis, cessé de clamer l'innocence de Bernard Laroche, abattu par le père du "petit Grégory", Jean-Marie Villemin, en 1985.

Dispositions "inconstitutionnelles"

Saisie par Murielle Bolle, la Cour de cassation, suivant l'avis émis en novembre 2018 par le Conseil constitutionnel, a reconnu le 19 février dernier que cette garde à vue de l'adolescente avait été effectuée en application de dispositions "inconstitutionnelles", la loi ne prévoyant alors ni présence d'un avocat, ni notification du droit de se taire, et a renvoyé ce volet devant la cour d'appel de Paris, qui doit statuer à partir de ce mercredi sur l'annulation de cette garde à vue ainsi que de toutes les pièces du dossier s'appuyant sur les propos de l'adolescente. Le débat se tiendra à huis clos devant la chambre de l'instruction, et la décision sera ensuite mise en délibéré.

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Si la cour d'appel de Paris décidait d'annuler la garde à vue, c'est l'ensemble de l'enquête sur l'affaire Gregory qui pourrait être fragilisée, plusieurs actes de procédures basés sur ses déclarations étant susceptibles d'être également invalidés. La défense de Murielle Bolle demande ainsi l'annulation partielle ou totale de 198 actes ou passages d'actes contenus dans le dossier. Auquel cas l'affaire Grégory deviendrait sans doute, une bonne fois pour toutes, le dossier le plus énigmatique de l'histoire criminelle de France.

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