Affaire Grégory : les avocats de Murielle Bolle espèrent faire annuler sa garde à vue de 1984

Affaire Grégory : les avocats de Murielle Bolle espèrent faire annuler sa garde à vue de 1984

JUSTICE - Ce vendredi, les avocats de Murielle Bolle ont demandé la nullité de la mise en examen de leur cliente pour l'enlèvement mortel du petit Grégory et contester la validité de sa garde à vue en 1984.

C’est un personnage-clé de l’affaire Gregory. En novembre 1984, Murielle Bolle, alors âgée de 15 ans, est entendue par les gendarmes devant lesquels elle va livrer un témoignage accablant : elle a vu son beau-frère Bernard Laroche enlever l’enfant de 4 ans retrouvé pieds et poings liés dans la Vologne. Trois jours après, l’adolescente revient sur ses déclarations.  

Bernard Laroche est tout de même inculpé d’assassinat avant d’être relâché en février 1985. Il est tué d'un coup de fusil par son cousin Jean-Marie Villemin, le père de l'enfant. Trente-quatre ans après, les avocats de Murielle Bolle ont demandé ce vendredi la nullité de sa récente mise en examen dans l’affaire et contester la validité de cette fameuse garde à vue en 1984 devant la cour d'appel de Dijon. 

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L'affaire Grégory

"Ses déclarations ne sont pas saines"

Les conditions de cette garde à vue fait en effet l'objet d'une question prioritaire de constitutionnalité (QPC), qui doit être examiné par les magistrats de la chambre de l'instruction, qui rendra sa décision le 7 mars . "Notre objectif, à terme, est de la sortir par le haut. De démontrer qu'elle n'a rien à voir, ni de près, ni de loin" avec la mort de Grégory explique à l’AFP Me Christophe Ballorin, l'un de ses avocats.

Pour la justice qui soupçonne cette femme aujourd’hui âgée de 48 ans d’avoir participé à l’enlèvement, sa rétractation est le fruit des pressions et violences familiales qu’elle aurait subies à l'époque. Selon ses avocats, c'est au contraire sa garde à vue qui pose problème : "ses déclarations ne sont pas saines", poursuit Me Ballorin, qui rappelle notamment qu’elle n'avait pas été assistée par un avocat. La loi ne l'imposait pas à l'époque mais selon ses conseils, "ce n'était pas conforme à la Constitution". La requête en nullité de la mise en examen se base quant à elle sur "l'absence d'indices graves et concordants".

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Une audience "technique"

Murielle Bolle n'était pas présente à l'audience ce vendredi. Si les magistrats dijonnais jugent la QPC sérieuse, celle-ci devra passer un deuxième filtre, la Cour de cassation, avant d'être examinée par le Conseil constitutionnel. Dans l'intervalle, la requête en nullité serait suspendue. 

Mais le parquet général et les avocats des parents de Grégory se sont opposés ce vendredi à la transmission de la QPC, considérant que le Conseil constitutionnel avait déjà refusé en 2010 l'application rétroactive des nouvelles règles de la garde à vue. La question a été tranchée "pour les majeurs", mais "pour les mineurs, cette question n'a jamais été jugée jusqu'à présent", a rétorqué Me Jean-Paul Teissonnière, un autre avocat de Murielle Bolle.

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Mise en examen en juin dernier, Murielle Bolle est soumise à un contrôle judiciaire strict avec obligation de résider dans la Nièvre, loin de son domicile vosgien. En janvier, la cour d'appel de Dijon a refusé de l'autoriser à rentrer chez elle. L'affaire Grégory avait connu un rebondissant fracassant en juin avec la mise en examen pour enlèvement et séquestration suivis de mort des époux Jacqueline et Marcel Jacob, soupçonnés entre autres d’être les "corbeaux" de l'affaire. Leurs avocats devaient eux aussi déposer une requête en nullité "dans le cadre de l'audience" de vendredi. 

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