Affaire Grégory : les époux Jacob, grand-oncle et grand-tante de l'enfant assassiné, remis en liberté avec interdiction de se parler

JUSTICE - Ecroués vendredi dans le cadre de l'enquête sur la mort de Grégory Villemin, Marcel et Jacqueline Jacob, grand-oncle et grand-tante de l'enfant assassiné, sont remis en liberté, a décidé ce mardi la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Dijon. Placés sous contrôle judiciaire, ils ont interdiction de rentrer chez eux, dans les Vosges, et de se parler.

La chambre de l'instruction de la cour d'appel de Dijon a tranché. Le couple Jabob, dont l'arrestation surprise la semaine dernière a relancé l'affaire Grégory, 32 ans après la découverte du garçon de quatre ans, pieds et poings liés dans les eaux de la Vologne, est remis en liberté.


"La chambre de l'instruction a entendu nos arguments sur la faiblesse, je dirais même l'inexistence des charges", a déclaré devant la presse au sortir du palais de justice de Dijon Me Stéphane Giuranna, qui défend Marcel Jacob. "Ils sont soulagés", a de son côté indiqué Me Gary Lagardette. Selon l'avocat de Jacqueline Jacob, sa cliente "a dit qu'elle n'avait rien à voir avec l'assassinat de Grégory Villemin". 

Ils restent mis en examen

Les deux septuagénaires ont été mis en examen en fin de semaine dernière pour enlèvement et séquestration suivis de mort. Avec eux, l'accusation pense avoir identifié une partie des fameux "corbeaux" de cette affaire hors normes. Les dernières investigations menées par les gendarmes ont permis d'affirmer l'existence d'"un lien indissociable entre les trois lettres anonymes de 1983, le courrier posté le jour du crime, et l'enlèvement de l'enfant", avait indiqué le procureur général Jean-Jacques Bosc la semaine dernière au cours de sa conférence de presse. 


Les enquêteurs ont notamment travaillé sur des rapprochements en écritures et lexicaux, comme la récurrence de l'expression "le chef" pour désigner Jean-Marie Villemin, le père de Grégory, dont les auteurs auraient voulu se venger. Un terme qui avait également été utilisé dans la lettre de revendication du meurtre, postée à Lépanges-sur-Vologne le 16 octobre 1984, jour de l'enlèvement de l'enfant. Les soupçons sur le couple Jacob portent aussi sur l'absence d'alibis, selon l'accusation. Samedi dans une interview à L'Est Républicain, Valérie, fille de Marcel et Jacqueline Jacob qui a depuis longtemps "coupé les ponts avec eux", n'a pas exclu la culpabilité de ses parents. 

Interdiction de rentrer chez eux

De nouvelles auditions pourraient intervenir prochainement, comme celle de Murielle Bolle, la belle-sœur de Bernard Laroche, premier suspect tué en 1985 par Jean-Marie Villemin. En 1984, alors âgée de 15 ans, la jeune fille avait affirmé devant les gendarmes qu'elle était en voiture avec son beau-frère le jour du crime et qu'il s'était arrêté devant le pavillon des Villemin et avait emporté Grégory. Non protégée par la justice à l'époque qui l'avait renvoyée chez elle après ses aveux, Murielle Bole s'était ensuite rétractée. 


La remise en liberté du couple Jacob, qui doit s'appliquer immédiatement, est un sérieux revers pour les enquêteurs et le parquet général, qui avait requis leur maintien en détention. Une mesure d'éloignement pour éviter de reproduire les erreurs passées, empêcher toute pression, ou que les deux mis en examen ne se parlent et puissent accorder leur version. Dans le cadre de leur contrôle judiciaire, les époux Jacob ont néanmoins interdiction de rentrer chez eux dans les Vosges. Ils seront placés dans deux logements différents à des adresses tenues secrètes, et ont interdiction de se parler ainsi que de communiquer avec la presse. 

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