Affaire Grégory : les mises en examen de Murielle Bolle et des époux Jacob annulées

REBONDISSEMENT - Les mises en examen de Murielle Bolle et des époux Jacob, suspectés dans la disparition et le meurtre du petit Grégory Villemin en octobre 1984, ont été annulées ce mercredi par la chambre de l'instruction de la Cour d'appel de Dijon. Le parquet précise que cette décision ne porte pas sur des éléments touchant au fond du dossier.

Nouveau rebondissement dans une affaire qui n'en manquait déjà pas. Les  magistrats de la chambre de l'instruction de Dijon ont annulé ce mercredi les mises en examen de Murielle Bolle et des époux Jacob, soupçonnés d'être impliqués dans la disparition et le meurtre du petit Grégory en octobre 1984. Les contrôles judiciaires qui pesaient sur eux ont été simultanément levés. 


"C'est un  grand soulagement et une grande satisfaction pour Murielle Bolle", a réagi sur LCI son avocat. Cette femme est persécutée depuis 33 ans, c'est une étape considérable", a expliqué Me Jean-Paul Teissonnière. Le défenseur de Jacqueline Jacob,  Me Frédéric Berna, a évoqué de son côté "un nouveau rebondissement énorme" qui en devient "presque surréaliste". "C'est manifestement un camouflet pour l'enquête", a-t-il commenté auprès de l'AFP en martelant l'innocence de sa cliente et de son mari. 

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Affaire Grégory : Murielle Bolle remise en liberté sous contrôle judiciaire

Mais si leurs avocats se félicitent de cette décision, qui prouverait selon eux, l'absence d’"indice grave et concordant", la réalité  semble tout autre, explique Le Parisien. Car c'est uniquement suite à un vice de procédure que cette décision a été rendue. Selon les motifs de l'arrêt que le journal a pu consulter, "Murielle Bolle a été mise en examen le 27 juin 2017 sur le fondement de réquisitions du ministère public sans que la chambre d’instruction n’ait été préalablement saisie, ni par le magistrat chargé du supplément d’information ni par le Procureur général." 


Or, c’est à la chambre, collégialement, et non à sa seule présidente qu’il appartient "d’apprécier les charges nouvelles recueillies au cours du supplément d’information". Cette décision sur la forme ne marque donc pas nécessairement un coup d’arrêt de la procédure, écrit le quotidien, qui précise que la chambre de l’instruction peut décider de reconvoquer Murielle Bolle et les époux Jacob en vue d’une nouvelle mise en examen.  


Le procureur général de Dijon Jean-Jacques Bosc avait d'ailleurs réagi dans un communiqué ce mercredi en expliquant que cette "décision d'annulation (des mises en examen)" portait "sur des points de procédure et non pas sur des éléments touchant au fond du dossier". Et avait précisé qu'il "avisera sur les éventuelles suites procédurales à donner" à cet arrêt "après examen et analyse juridique détaillée de la motivation retenue par la chambre de l'instruction".

Marcel et Jacqueline Jacob, le grand-oncle et la grand-tante de Grégory, avaient été les premiers à être mis en examen en juin de l'année dernière, lorsque le dossier avait été relancé de manière spectaculaire. Jamais inquiété, le couple était alors soupçonné d'avoir été les "corbeaux" à l'origine de plusieurs lettres anonymes ainsi que d'être impliqué dans le rapt et la mort de l'enfant. Fin juin, Murielle Bolle, 48 ans, avait été mise en examen à son tour, soupçonnée d'avoir participé à l'enlèvement. 


Trente ans en arrière, alors âgée de 15 ans, Murielle Bolle avait accusé son beau-frère Bernard Laroche, lors d'une garde à vue devant les gendarmes, d'avoir enlevé le garçonnet retrouvé mort noyé dans la Vologne, avant de se rétracter. Ce dernier avait été incarcéré puis relâché avant d'être tué d'un coup de fusil par son cousin Jean-Marie Villemin, le père de l'enfant, en 1985.

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