Affaire Grégory : Marcel Jacob aurait "10 témoins supplémentaires" pour confirmer son alibi

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FAIT DIVERS - Avec sa femme Jacqueline, Marcel Jacob est soupçonné de la mort de son petit-neveu Grégory Villemin en 1984. Lundi, il était entendu par la juge d'instruction, sa première audition depuis sa mise en examen en juin dernier. L'avocat de Marcel Jacob a fourni de nouveau témoignages permettant d'attester de l'alibi de son client, dit-il.

Marcel Jacob "est soulagé d'avoir pu enfin s'expliquer", affirme Me Stéphane Giuranna, lundi. L'homme a été longuement entendu lundi par la juge d'instruction Claire Barbier qu'il n'avait pas revue depuis sa mise en examen en juin dernier. Marcel Jacob et sa femme Jacqueline sont soupçonnés du rapt mortel de leur petit-neveu Grégory Villemin en 1984. L'avocat du septuagénaire a affirmé avoir fourni à la magistrate de nouveaux témoignages, attestant selon lui de l'alibi de son client. "Le 16 octobre 1984, il était en compagnie de son épouse à son usine de 13 heures à 21 heures, j'ai donné de nouveaux éléments qui le confirment", a insisté Me Stéphane Giuranna, disant avoir réuni "dix témoins supplémentaires". "Il n'a pas pu s'absenter", a ajouté l'avocat, soulignant que pour sortir de l'usine, son client aurait dû "passer devant au moins quatre bureaux vitrés de la direction : immanquablement, vous vous faites prendre".

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Affaire Grégory : Marcel Jacob entendu ce lundi par la juge Barbier

Marcel Jacob est arrivé lundi à 9 heures du matin à la cour d'appel de Dijon, sans faire de déclaration. Il a été entendu deux semaines après son épouse Jacqueline. L'interrogation a pris fin quelque peu avant 18 heures. "Une longue audition dans laquelle ont été repris les thèmes principaux, j'ai l'impression qu'enfin on a une présidente attentive, qui a entendu nos  explications", s'est félicité Me Giuranna. "Ce n'est pas un dossier qui va basculer sur une audition", a toutefois tempéré le procureur général Jean-Jacques Bosc. "C'est une affaire qui sera longue, qui nécessite de nombreuses auditions, de nombreux autres interrogatoires, qui sont prévus", a-t-il ajouté. Les époux Jacob sont soupçonnés d'avoir été les "corbeaux" de l'affaire Grégory, auteurs de plusieurs lettres anonymes très bien renseignées, et d'être  impliqués dans le rapt suivi de la mort de leur petit-neveu, dans le cadre d'un "acte collectif" qu'ils contestent.

Réunis d'ici la fin de l'année ?

Les deux époux ont été mis en examen et brièvement écroués au mois de juin dernier, avant d'être placés sous un contrôle judiciaire sévère, avec l'obligation de résider séparément et à une certaine distance de leur domicile, à Aumontzey, dans les Vosges. Le 20 novembre, quelques jours après avoir été entendue par la juge Claire Barbier, Jacqueline Jacob a été autorisée par la justice à rentrer chez elle. Son mari demandera le 20 décembre, devant la cour d'appel, à pouvoir la rejoindre. "J'espère que le couple Jacob fêtera Noël en famille, comme je lui ai promis", a affirmé Me Giuranna.

La justice a déjà soulevé, depuis longtemps, la question de l'emploi du temps des époux Jacob le jour de la disparition de Grégory Villemin. Dans son arrêt de 1993 innocentant Christine Villemin, la mère de l'enfant, la cour d'appel de Dijon avait relevé qu'il n'existait pas "en l'état", à leur encontre, "de présomptions suffisantes pour justifier de nouvelles investigations et a fortiori une inculpation". "A priori, ils n'étaient pas disponibles à l'heure du crime mais l'éventualité d'une absence momentanée de leur lieu de travail ne saurait être exclue. L'enquête les concernant a été entreprise trop tardivement pour avoir des chances sérieuses d'aboutir à un résultat incontestable", soulignaient à l'époque les magistrats.

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Une troisième personne, Murielle Bolle, 48 ans, a été mise en examen en juin dernier dans l'affaire Grégory. Adolescente en 1984, elle avait accusé son beau-frère Bernard Laroche, avant de se rétracter. Jean-Marie Villemin, le père de l'enfant, avait tué ce dernier, son cousin, en 1985. La défense de Murielle Bolle a déposé vendredi une requête visant à faire annuler sa mise en examen, assortie d'une question prioritaire de constitutionnalité touchant aux conditions de sa garde à vue en 1984.

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