Affaire Grégory : le grand-oncle et la grand-tante de l'enfant sont déférés au parquet général de Dijon

JUSTICE - Trente-deux après l'assassinat du petit Grégory, l'enquête s'est accélérée et recentrée sur le clan familial. Marcel Jacob, le grand-oncle et sa femme Jacqueline, étaient en garde à vue depuis mercredi. Après 48 heures d'audition devant les enquêteurs, le couple a été déféré au parquet général de Dijon en vue d'une possible mise en examen.

Marcel Jacob, le grand-oncle maternel du petit Grégory, et sa femme Jacqueline, qui étaient en garde à vue depuis mercredi dans le cadre de l'enquête sur l'assassinat de l'enfant, ont été déférés ce vendredi matin au parquet général de Dijon, a-t-on appris de source proche du dossier. Ils vont être présentés à un juge d'instruction en vue d'une probable mise en examen. 


Trente-deux ans après la mort du petit garçon de 4 ans, retrouvé pieds et poings liés dans les eaux glacées de la Vologne, va-t-on enfin savoir qui se cache derrière le crime ? Si la justice ne peut encore livrer de nom, elle a "progressé sur le chemin de la vérité" pour reprendre les mots du procureur général de la cour d'appel de Dijon Jean-Jacques Bosc. Et a aujourd'hui la certitude que "plusieurs personnes ont concouru" à l'assassinat du garçonnet. 

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Affaire Grégory : vers la vérité ?

La traque des corbeaux

De récentes expertises de lettres de menaces adressées aux parents du petit Grégory avant et après le crime ont notamment resserré l'étau sur les corbeaux présumés. Ainsi, Jacqueline Jacob aurait rédigé une missive menaçante en 1983 - avant le meurtre - au père de l'enfant Jean-Marie Villemin.  


Si l'auteur du courrier de revendication du meurtre que les parents avaient reçu le lendemain de la découverte du corps de Grégory n'a pu être identifié, le procureur général a évoqué des "similitudes" entre l’écriture de ce message et la lettre de 1983 imputée à Jacqueline Jacob. Des ressemblances de style portant notamment sur l’utilisation récurrente de termes, comme celui de "chef", surnom donné à Jean-Marie Villemin. Le père de l’enfant, dont la réussite sociale était à l'époque jalousée par certains membres de sa famille, est alors l'objet de toute la haine du corbeau. "J'espère que tu mourras de chagrin le chef. Ce n'est pas ton argent qui pourra te redonner ton fils. Voilà ma vengeance, pauvre con", lui écrit-il le lendemain de la mort de Grégory. 


Selon nos informations, Jacqueline Jacob, 73 ans désormais, est restée silencieuse durant tout l'interrogatoire des enquêteurs. Son époux Marcel s'est lui contenté de dire qu'il ne se rappelait pas. Alors que le couple a été déféré ce vendredi, la belle-soeur de Jean-Marie Villemin, Ginette Villemin, qui avait été placée en garde à vue en même temps que lui, a de son côté été remise en liberté jeudi soir. 

La famille au cœur de l'enquête

"C'est une étape importante mais il faut attendre de savoir ce que décidera le magistrat, a réagi ce vendredi auprès de LCI Me Marie-Christine Chastant-Morand, l'avocate des parents de la petite victime. Depuis le départ, on sait qu'il y a un coeur intrafamilial à cette affaire, ce n'est pas une surprise pour eux.  Mais ils ont l'espoir chevillé au corps (de connaître la vérité) Même si c'est douloureux". Le procureur a insisté hier sur le fait que l'affaire n'était pas encore résolue. Mais les derniers rebondissements d'un dossier qui n'en manquait pas ont bel et bien relancé, trente-deux ans après, l'une des plus grandes énigmes de l'histoire criminelle française.

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