Affaire Grégory : que sont devenus Jean-Marie et Christine Villemin, les parents de la petite victime ?

TRAGÉDIE FAMILIALE - 32 ans après la mort du petit Grégory, la grand-tante de Jean-Marie Villemin a été mise en examen ce vendredi pour enlèvement et séquestration suivie de mort. Un spectaculaire rebondissement qui rouvre bien des plaies, en premier lieu pour les parents du petit garçon, Jean-Marie et Christine Villemin.

Ils ont refait leur vie dans l'Essonne, n'ont pas voulu changer de nom, mais se sont murés dans le silence, comme pour mieux tenir éloignés les fantômes d'une affaire, vieillle de 32 ans, qui a brisé leur vie : la mort de leur petit garçon de quatre ans, Grégory, retrouvé pieds et poings liés en octobre 1984 dans les eaux de la Vologne, une rivière des Vosges. Difficile pourtant pour les époux Villemin de faire leur deuil tant cette histoire leur colle à la peau. 


 "Ça aurait pu être une affaire de meurtre ou de disparition d'enfants parmi d'autres" sans la succession de rebondissements, a observé auprès de l'AFP Alain Bauer, professeur de criminologie au conservatoire national des Arts et Métiers à Paris. Car des rebondissements, il y en a eu beaucoup : les soupçons portant sur Bernard Laroche - un membre de la famille qui jalousait la réussite de son cousin, Jean-Marie Villemin - puis son meurtre par ce dernier ou la cabale lancée contre la mère de l'enfant ne vont cesser d'alimenter le feuilleton au milieu des années 80. L'affaire va ensuite être relancée en 1999, puis en 2008 avec de nouvelles expertises demandées par le couple, avant un énième rebondissement ce vendredi avec la mise en examen de la grand-tante de Jean-Marie Villemin, Jacqueline Jacob, pour enlèvement et séquestration suivie de mort.

En vidéo

Les protagonistes de l'affaire Grégory Villemin

"Soudés par l'amour"

Longtemps accusés d'avoir trop parlé à la presse, Jean-Marie et Christine Villemin ne s'expriment plus que par l'intermédiaire de leur avocat Me Thierry Moser. Ce dernier s'est juste contenté mercredi 14 juin, après l'annonce d'interpellations de plusieurs membres de la famille, d'un commentaire laconique sur FranceInfo : "Je dirais qu'ils sont d'une part soulagés, heureux et satisfaits de voir le travail colossal réalisé. D'autre part, ils sont dans un état de souffrance morale, parce qu'une fois encore on parle de l'assassinat de leur malheureux enfant, Grégory. Pour un père et une mère, c'est quelque chose d'effrayant". Leur second conseil, Me Marie-Christine Chastant-Morand, a expliqué pour sa part sur LCI qu'ils "espéraient toujours" la vérité. L'avocate qui les a accompagnés à Dijon dans le bureau du procureur pour prendre connaissance des derniers développements de l'enquête parle d'un père et du mère "tétanisés" par ces nouvelles, rassurés que "leurs espoirs, leurs actions aboutissent". 

En vidéo

Selon leur avocate, les parents du petit garçon "tétanisés" par les derniers développements de l'enquête

Pour savoir ce que sont devenus les époux Villemin, il faut se pencher sur le dernier entretien qu'ils ont accordé à un média, en l'occurence le journal La Croix. C'était en octobre 2006. Les époux Villemin racontaient mener "une vie normale", "entourés de leurs trois enfants" et "soudés par l'amour". Toutefois, la plaie restait vive : "un article, une émission, les blagues des humoristes : ce sont des épreuves que nous partageons avec nos enfants qui savent qu'ils doivent vivre avec ce poids", racontait Jean-Marie Villemin, aujourd'hui âgé de 59 ans. "Nous vivons des moments de bonheur mais je ne suis plus pleinement heureuse. Il y a toujours des instants de tristesse. A l'approche des anniversaires, de fêtes, de Noël. C'est toujours une déchirure", confiait pour sa part Christine, 57 ans.

Ils ont trois enfants qui leur ont permis de reconstruire leur existenceLaurence Lacour

En 2014, Laurence Lacour, une journaliste qui avait couvert à l'époque l'affaire Grégory et qui était devenue très proche du couple, avait donné de leurs nouvelles sur Europe 1 : "Ils vivent toujours ensemble. Jamais le fil n’a été interrompu entre eux. Ils travaillent, ils sont devenus plus franciliens qu'ils n'ont été vosgiens. Ils ont surtout trois enfants, qui leur ont permis de reconstruire leur existence. Leur enfant décédé est omniprésent par les photos ou dans les conversations, mais ça n'a pas empêché les trois autres de trouver leur place, de faire de belles études". L’aîné est opticien, la seconde est professeure agrégée, tandis que le petit dernier a décroché son Bac S l'année dernière. 

Tout savoir sur

Tout savoir sur

L'affaire Grégory

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter