Affaire Griveaux : ce qu’a dit Alexandra de Taddeo au cours de sa garde à vue

Affaire Griveaux : ce qu’a dit Alexandra de Taddeo au cours de sa garde à vue

ENQUÊTE – La jeune femme de 29 ans, destinataire des vidéos intimes de Benjamin Griveaux, a été mise en examen en début de semaine. Elle a confié aux policiers que son compagnon lui avait dérobé le fichier, et qu’elle n’a pas pu l’empêcher de le publier.

Tous ceux qui l’ont croisée décrivent une femme calme et posée, mais qui semblait totalement dépassée par la tournure prise par les événements. Alexandra de Taddeo l’a promis aux policiers : elle jouera cartes sur table, et répondra à toutes leurs questions. Sans mentir.

La jeune étudiante en droit a d’abord accepté de remonter le temps. Elle a ainsi raconté ce printemps 2018, moment qu’elle choisit pour contacter celui qui est alors le porte-parole du gouvernement. L’application Instagram servira de première technique d’approche, puis elle et Benjamin Griveaux se parleront par la suite sur une l’application Messenger du géant américain Facebook. D’après elle, la discussion prend rapidement une tournure – virtuellement – sexuelle. Elle évoque l’envoi de plusieurs vidéos intimes sans, d’après elle, avoir une seule seconde voulu piéger le père de famille. 

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Griveaux emporté par la divulgation d'une sextape

Une version "pour le moment invérifiable"

Alexandra de Taddeo jure en effet n’avoir jamais eu la moindre stratégie en tête. Si elle a gardé ces vidéos sur son téléphone portable, c’était uniquement, explique-t-elle, dans le but d’assurer ses arrières et de conserver une preuve en cas de révélations dans la presse sur leur relation 2.0. "Sa version est pour le moment invérifiable, souffle un policier. Il faudra des confrontations et surtout attendre l’analyse de sa téléphonie pour savoir si elle dit vrai".

Est-ce au contact de Piotr Palvenski à la fin de l’année 2018 qu’elle se met en tête d’utiliser cette vidéo ? La jeune femme a tout au long de sa garde à vue démenti tout projet d’extorsion, de chantage ou de "revenge porn". Mais Alexandra de Taddeo a revanche été plus prolixe quant au cheminement du fichier avant sa publication sur le site Pornopolitique.com. Selon nos  informations, la suspecte a en effet répété n’avoir jamais donné la vidéo à son petit ami russe. Elle se serait contentée d'évoquer avec lui sa relation virtuelle avec Benjamin Griveaux. Aux enquêteurs, elle a surtout raconté que Piotr Plavenski s’était emparé du fichier à son insu, sans son accord. 

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L’étudiante a soumis deux hypothèses sur procès-verbal : l’artiste auto-proclamé a pu utiliser la clef USB qu’elle possédait dans son appartement du XVIe arrondissement de la capitale et sur laquelle se trouvaient les images. Il a pu également se connecter à son ordinateur, dont elle lui avait donné les codes d’accès, et dont le disque dur contenait le fameux fichier.

Alexandra de Taddeo a expliqué, lors de son interrogatoire, de s’être en tout cas émue du procédé. Elle a confié avoir rapidement compris que Piotr Pavlenski comptait utiliser la vidéo dans le but précis, via le site internet, de s’attaquer à ce lieutenant du président Emmanuel Macron. La jeune femme jure ne pas l’avoir aidé et n’avoir joué aucun rôle actif dans la publication des images. Elle n’aurait jamais donné son feu vert à ce que le militant russe médiatise ce fichier. "Son discours est dur à suivre, reconnait un magistrat. D’un côté, elle dément avoir aidé Pavlenski. De l’autre, elle continue de le soutenir et trouve toujours que ce site internet est vertueux pour la société car il dénonce l'hypocrisie des hommes politiques, etc…"

Un disque dur effacé et une clé USB jetée

Seule certitude : prise de panique vendredi dernier alors que l’affaire devient une quasi-affaire d’Etat en l’espace de quelques heures, Alexandra de Taddeo s’est empressée d’effacer les traces laissées sur son passage. Elle raconte avoir immédiatement effacé le contenu du disque dur de son ordinateur et avoir jeté sa clef USB dans les toilettes d’un bar de la rive gauche parisienne. "Impossible pour l’heure de dire si c’est le cas, décrypte un gradé de la préfecture de police de Paris. La clef USB est en tout cas introuvable, malgré avoir fouillé tout son appartement…" Les "experts" de la police se disent, eux, confiants quant à leurs chances de retrouver la trace des fichiers informatiques supprimés.

La jeune femme s’est montrée en revanche peu bavarde sur l’implication d’autres protagonistes dans cette affaire, qui auraient pu dicter une marche à suivre et un agenda à respecter. Elle n’a, par ailleurs, pas exprimé le moindre regret ou remord vis-à-vis de l’ex-candidat à l’Hôtel de ville, mais s’est dite dépassée par les événements, n’imaginant pas une seconde être poursuivie par des dizaines de policiers à travers Paris avant d'être rattrapée par les rapides conséquences judiciaires de l’affaire.

Pour l’heure, les investigations des membres de la Brigade de répression de la délinquance aux personnes (BRDP) de la PJ parisienne ont permis d’obtenir une certitude : aucune preuve n’est venue étayer la thèse d’une ingérence des services russes, ou d’un piège tendu par certains gilets jaunes qui avaient Benjamin Griveaux dans leur collimateur. 

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