Affaire Cahuzac : l'ancien ministre à nouveau devant les juges pour éviter la prison

JUSTICE - Le procès en appel de l'ex-ministre du Budget, condamné en première instance à trois ans ferme pour ses comptes cachés à l'étranger, débute ce lundi à Paris. Jérôme Cahuzac espère voir sa peine réduite à deux ans, ce qui pourrait lui permettre de l'aménager et d'éviter la prison.

Jérôme Cahuzac de retour devant la justice. L'ancien ministre, condamné en décembre 2016 en première instance à trois ans d'emprisonnement ferme pour "fraude fiscale" et "blanchiment de fraude fiscale", comparait ce lundi à Paris en appel. Son objectif ? Eviter la case prison, en obtenant une réduction réduite à deux ans ferme, synonyme de peine aménageable. Dans cette optique, l'ex-député, dont l'appel avait été suspensif, a revu sa défense. Jérôme Cahuzac s'est ainsi séparé de Me Jean Veil au profit d'Eric Dupond-Moretti. 


Jérôme Cahuzac sera rejugé au côté de l'ancien avocat chargé de son montage financier, Philippe Houman. En revanche, son ancienne épouse, Patricia Ménard, n'a pas contesté sa condamnation à deux ans de prison ferme, également pour fraude fiscale et blanchiment. Quant à la banque genevoise Reyl et son patron François Reyl, lourdement condamnés, ils se sont finalement désistés de leur appel.

"Les yeux dans les yeux"

Face aux juges, Jérôme Cahuzac devrait revenir sur l'affaire qui porte son nom, laquelle éclata le 4 décembre 2012 : Mediapart accuse le ministre délégué au Budget d'avoir détenu jusqu'au début 2010 "un compte bancaire non déclaré à l'Union des banques suisses (UBS) de Genève" avant de déplacer ses avoirs à Singapour. Pendant quatre mois, il dément catégoriquement, "les yeux dans les yeux" des députés et de ses amis politiques. Le ministre quitte finalement le gouvernement en mars, en répétant qu'il est innocent… avant de passer aux aveux, le 2 avril 2013 : il reconnaît devant les juges avoir détenu un compte à l'étranger, ouvert en 1992 à l'UBS, en Suisse, rapidement transféré auprès de la banque Reyl à Genève puis, en 2009, à Singapour.


Jérôme Cahuzac devrait sans surprise revenir sur l'ouverture de ce compte. Et marteler qu'il n'en fut pas le premier bénéficiaire, en espérant ne pas commettre les mêmes erreurs que durant son premier procès. Il avait en effet assuré que l'argent caché visait initialement à financer le courant politique de Michel Rocard. Des propos balayés par l'accusation qui avait épinglé un homme pour  qui "la vérité est un mirage".


En décembre 2016, le tribunal avait sanctionné la "faute pénale d'une exceptionnelle gravité" d'un homme qui "incarnait la politique fiscale de la France". L'ancien ministre espère désormais que la peine sévère dont il avait hérité - trois ans derrière les barreaux, c'est bien au-delà de la jurisprudence habituelle dans ce type d'affaire – n'est plus d'actualité en 2018. 

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Le procès en appel de Jérôme Cahuzac

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