Affaire Karachi : l'ancien ministre François Léotard mis en examen

Affaire Karachi : l'ancien ministre François Léotard mis en examen

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ENQUÊTE - La Cour de justice de la République a mis en examen l'ancien ministre de la Défense pour "complicité d'abus de biens sociaux", dans l'affaire Karachi.

L'enquête se pousuit dans le volet ministériel de l'affaire Karachi. Entendu le 4 juillet dernier par la commission d'instruction de la cour de justice de la République, François Léotard a été mis en examen pour "complicité d'abus de biens sociaux",  a appris ce mardi l'AFP, confirmant une information du Canard Enchaîné. 


L'ancien ministre de la Défense, aujourd'hui âgé de 75 ans, est soupçonné d'avoir un lien avec un financement occulte présumé de la campagne présidentielle d'Edouard Balladur en 1995, grâce à des rétrocommissions (illégales) sur des contrats d'armement avec le Pakistan et l'Arabie Saoudite. Le 29 mai, l'ancien Premier ministre Edouard Balladur avait été mis en examen dans le cadre de cette enquête, pour "complicité d'abus de biens sociaux et recel".

6 personnes renvoyées au tribunal

Pour rappel, le 8 mai 2002, une voiture piégée précipitée contre un bus transportant des salariés de la Direction des chantiers navals (DCN) explosait à Karachi, tuant quinze personnes dont onze employés français et en blessant douze autres. Tous travaillaient à la construction d'un des trois sous-marins Agosta vendus en 1994 au Pakistan par la France, sous le gouvernement Balladur. C'est l'enquête anti-terroriste qui avait mis la justice sur la piste d'un financement de la campagne présidentielle. Une deuxième enquête avait alors été ouverte en 2011 sur ce volet financier, confiée aux juges Renaud Van Ruymbeke et Roger Le Loire.


Après des années de péripéties judiciaires, la Cour de cassation a confirmé le 11 juillet le renvoi devant le tribunal correctionnel de six protagonistes, dont Nicolas Bazire, ex-directeur de la campagne, Thierry Gaubert, alors membre du cabinet de Nicolas Sarkozy, et l'intermédiaire Ziad Takieddine. Les juges d'instruction s'étaient dessaisis en 2014 des cas d'Édouard Balladur et de François Léotard, au profit de la Cour de justice de la République, seule instance habilitée à juger des délits commis par des membres du gouvernement dans l'exercice de leurs fonctions.

Quant à l'enquête antiterroriste, elle est toujours en cours pour déterminer les responsabilités de l'attentat. Une des thèses sur lesquelles travaillent les juges est celle d'une attaque commise en rétorsion à la décision prise en 1996 par Jacques Chirac, adversaire politique d'Édouard Balladur, de mettre un terme au versement des commissions après son arrivée à l'Élysée.

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