Affaire Karachi : l'ancien Premier ministre Édouard Balladur mis en examen

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REBONDISSEMENT - Quinze ans après l'attentat de Karachi, la justice rattrape Édouard Balladur. L'ancien Premier ministre a été mis en examen lundi par la Cour de justice de la République (CJR). Il est soupçonné d'avoir bénéficié d'un financement occulte pour sa campagne présidentielle de 1995.

L'affaire Karachi a-t-elle livré tout ses secrets ? Rien n'est moins sûr. Pour autant, les magistrats Renaud Van Ruymbeke et Roger Le Loire ont acquis une conviction : la campagne présidentielle d'Edouard Balladur, devancé par l'autre candidat de la droite Jacques Chirac en 1995, a été financée par des rétrocommissions illégales sur des contrats de sous-marins vendus au Pakistan et de frégates destinées à l'Arabie Saoudite. 


L'une des hypothèses envisagées est que la fin du versement des commissions, ordonné par Jacques Chirac devenu président, est à l'origine de l'attentat de Karachi qui a coûté la vie à 15 personnes, dont 11 ouvriers français de la Direction des Constructions Navales, en 2002. Quinze ans après les faits, l'ancien Premier ministre Édouard Balladur a donc été mis en examen lundi par la Cour de justice de la République (CJR), pour "complicité d'abus de biens sociaux et recel", a indiqué une source proche du dossier à LCI, confirmant une information du Canard Enchaîné.

Décision contestée

Dans un communiqué transmis à l'AFP, Édouard Balladur, 88 ans, a annoncé avoir "demandé à ses avocats de contester cette décision devant la Cour de cassation", estimant qu'elle "ne tire aucune conséquence de la validation du compte de campagne par le Conseil constitutionnel en octobre 1995, non plus que de l'ancienneté des faits".


Au terme de leur enquête sur le volet financier de l'affaire Karachi, les juges d'instruction avaient décidé en juin 2014 de

renvoyer six protagonistes présumés en correctionnelle. Ce sont Renaud Donnedieu de Vabres, conseiller spécial au cabinet du ministre de la Défense d'Edouard Balladur, François Léotard, entre 1993 et 1995 ; deux proches d'Edouard Balladur, Nicolas Bazire, qui fut son directeur de cabinet, et Thierry Gaubert ; Dominique Castellan, ancien PDG de la Direction des Constructions Navales, l'homme d'affaires franco-libanais Ziad Takieddine et un autre intermédiaire en armement. 

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Affaire Karachi : Takieddine est passé aux aveux

Ce renvoi, validé en appel en janvier après deux années de péripéties judiciaires, fait l'objet d'un pourvoi en cassation et une question prioritaire de constitutionnalité sera examinée en juin, retardant encore l'échéance d'un procès.

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