Affaire Kerviel : non-lieu requis dans une enquête visant la Société générale

Affaire Kerviel : non-lieu requis dans une enquête visant la Société générale
Justice
JUSTICE - Le parquet de Paris a requis un non-lieu aux plaintes déposées par l'ancien trader Jérôme Kerviel en 2012 contre la Société générale.

Le parquet de Paris a requis un non-lieu dans l'enquête sur les plaintes pour "faux et usage de faux" et "escroquerie au jugement" déposées par Jérôme Kerviel en 2012 contre la Société générale, qu'il accusait d'avoir manipulé la justice. Le parquet a ainsi demandé le 27 décembre de clore sans poursuite judiciaire les investigations. 


Jérôme Kerviel, aujourd'hui âgé de 39 ans, avait déposé plainte en avril 2012 puis s'était constitué partie civile en juillet 2013, ce qui avait conduit automatiquement à l'ouverture d'une information judiciaire, confiée au juge Roger le Loire. Il accuse la banque d'avoir manipulé les entretiens qu'elle a eus avec lui les 19 et 20 janvier 2008, après la découverte de ses colossales prises de position sur les marchés. Ces discussions avaient été enregistrées et les bandes versées au dossier, mais une expertise diligentée par la justice a conclu que les enregistrements n'avaient été ni expurgés ni modifiés. 

Kerviel et ses quelques victoires

Le camp Kerviel affirme aussi que le groupe bancaire a trompé la justice en 2010 en ne l'informant pas du fait qu'elle avait récupéré, grâce à la législation fiscale en vigueur, 1,7 milliard des 4,9 milliards d'euros perdus. Surtout, il accuse la banque d'avoir été au courant des risques qu'il prenait et de lui avoir imputé des pertes relevant d'autres opérateurs de marché.


Après des années de bataille judiciaire et médiatique, Jérôme Kerviel a tout de même remporté plusieurs manches face à son ancien employeur : la banque a été condamnée aux prud'hommes à lui verser près d'un demi-million d'euros. Surtout, les 4,9 milliards d'euros de dommages-intérêts, remis en cause par la Cour de cassation, ont fondu en septembre à un million devant la cour d'appel de Versailles, la justice estimant qu'il y avait eu des "manquements" et des "carences" dans les procédures de contrôle de la banque.

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