Willy Bardon a tenté de se suicider à l'énoncé du verdict avec du "Temik", un pesticide très dangereux

Willy Bardon a tenté de se suicider à l'énoncé du verdict avec du "Temik", un pesticide très dangereux
Justice

RÉCIT - Condamné à 30 ans de prison vendredi dans l'affaire Kulik, Willy Bardon était samedi "en sortie progressive du coma" après avoir tenté de se suicider en avalant ce qui semblait être un "produit pesticide" après l'énoncé du verdict. Thibault Malandrin, qui couvrait le procès pour LCI, a assisté à cette scène. Il raconte.

C'est le geste désespéré d'un homme qui avait prévenu qu'il attenterait à ses jours s'il était reconnu coupable. Et qui est passé à l'acte. Condamné vendredi 6 décembre à 30 ans de réclusion criminelle par la Cour d'assises de la Somme, pour l'enlèvement et la séquestration suivis de mort et le viol d'Élodie Kulik en 2002, Willy Bardon a tenté de mettre fin à ses jours dans le box des accusés du palais de justice d'Amiens. À l'énoncé du verdict, abattu et tremblant, l'homme de 45 ans a ingurgité "quelque chose" ressemblant à un cachet, puis de l'eau. "On ne sait pas quel est le produit qu'il a ingéré", ni "comment il a pu cacher ça" alors qu'il avait "été fouillé", avait d'abord déclaré le procureur de la République Alexandre de Bosschère, précisant que l'accusé avait confié à un "proche" son intention de se suicider en cas de condamnation. 

Le Temik, un pesticide extrêmement dangereux

Ce samedi, ce même procureur indique que le produit absorbé est un "produit pesticide" appelé "le Temik.  "C'est un produit  extrêmement dangereux dont la commercialisation est extrêmement réglementée sur  le territoire français et européen et qui a des effets à la fois sur le système  nerveux et le système cardio-vasculaire", a encore précisé le procureur. En fin de journée, Willy Bardon était "en phase de sortie progressive du coma" mais toujours "dans un état critique".

Présent dans la salle d'audience, pour couvrir le procès, Thibault Malandrin, journaliste à LCI, était assis à quelques mètres de l'accusé. Il l'a vu avaler "une gélule" dans les minutes qui ont suivi le verdict. Une scène terrible qu'il nous raconte dans le détail. "Il est 19h30, Willy Bardon vient de rejoindre le box des accusés. Il est seul dans ce box, les policiers sont situés à l'extérieur. La présidente répond aux différentes questions sur sa culpabilité. Il est répondu "oui" à chacune d'entre elles, exceptée celle sur le meurtre. Puis vient le temps de la peine : 30 ans de réclusion criminelle", précise le reporter. 

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C'est à ce moment-là que Willy Bardon se baisse- Thibault MALANDRIN, journaliste à LCI

Prostré sur son banc, "c'est à ce moment-là que Willy Bardon se baisse. Il se saisit de quelque chose qui devait se situer au niveau de ses jambes et de ses pieds et porte cette gélule au niveau de sa bouche. C'est alors que la policière comprend que quelque chose de grave est en train de se produire", poursuit le journaliste. "Elle intervient immédiatement, exfiltre Willy Bardon du box des accusés juste après lui avoir remis ses menottes. Ce n'est que plus tard qu'on a compris que quelque chose de très grave s'est déroulé puisqu'il a été transféré en urgence au CHU d'Amiens et est toujours ce samedi en réanimation."

"Il est possible qu'il ait eu cette gélule dans son mouchoir"

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Les avocats de Willy Bardon confirme qu'il a pris un produit après sa condamnation

"La question qui va désormais se poser est bien évidemment celle de l'introduction de cette gélule qu'il a ingérée et qui l'a mis dans un état si critique", indique Thibault Malandrin. L'homme comparaissait libre au moment du verdict. Mais comment a-t-il pu introduire un tel objet alors qu'il avait été fouillé ? Une enquête a été ouverte par le parquet pour faire la lumière sur cette tentative d'empoisonnement

Willy Bardon "a très bien pu venir ce  jour-là avec ce produit", a expliqué le procureur d’Amiens, rappelant qu'il n'avait pas été  autorisé à quitter la salle des assises pendant le délibéré. Juste avant le prononcé du verdict, la police l'a installé dans le box des  accusés et réalisé par précaution "une fouille très minutieuse", visant à  "retrouver d'éventuels objets dangereux", a raconté le procureur. Mais "on était face à un produit de très petite taille" et  "malheureusement, cette gélule n'a pas été vue", a-t-il regretté, précisant que "légalement la fouille dans cette situation là n'est pas un acte obligatoire".

"Il est possible qu'il l'ait eu dans son mouchoir", a-t-il noté. Questionné  par ses avocats juste après, M. Bardon "n'a pas expliqué son geste". 

"J'espère véritablement qu'il se remettra de cet empoisonnement (...) c'est  quelqu'un qui a droit aujourd'hui de faire appel de la décision" et "doit  assumer les conséquences de la condamnation prononcée (...) fruit d'un travail extrêmement intense du ministère public, des enquêteurs et des jurés", a conclu M. de Bosschère.

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