Affaire Maëlys : la justice annule les premières auditions du suspect, quelles conséquences sur l'enquête ?

ENQUÊTE - La chambre de l'instruction de la cour d'appel de Grenoble, saisie par la défense de Nordahl L., a annulé ce jeudi ses premières auditions en garde à vue. Dans la foulée, le suspect a été à nouveau entendu par les juges chargés des investigations sur la disparition de Maëlys.

Les premières auditions en garde à vue de Nordahl L. ont été annulées. La chambre de l'instruction de la cour d'appel de Grenoble a suivi la requête de la défense du suspect mis en examen dans l'affaire Maëlys, 9 ans, qui a disparu lors d'un mariage à Pont-de-Beauvoisin (Isère) dans la nuit du 26 au 27 août.


Me Alain Jakubowicz s'était engouffré dans la brèche ouverte par les enquêteurs qui n'avaient pas filmé son client lors de ses premières auditions de garde à vue comme l'exige le code pénal en matière criminelle (sauf empêchement technique consigné sur procès-verbal). La procédure avait d'abord été menée dans un cadre correctionnel - ce qui est possible lorsqu'une personne enlevée est relâchée avant 7 jours -. Mais l'enfant est restée introuvable. 


Ce jeudi matin, la justice a ainsi prononcé la nullité des quatre auditions non filmées ainsi que la nullité partielle "d'une partie de l'interrogatoire de première comparution devant les juges d'instruction le 3 septembre 2017 en ce que trois questions faisaient expressément référence aux auditions annulées", indique le Procureur Général Jacques Dallest dans son communiqué.  L'accusation redoutait en revanche que la chambre d'accusation n'étende son annulation à la seconde garde à vue qui avait débouché sur sa mise en examen. Mais l'effet domino n'a pas eu lieu. 

Une audition cruciale aujourd'hui

Dans la foulée de cet arrêt, l'ancien maître-chien de 34 ans a été conduit jeudi matin au palais de justice de Grenoble pour être de nouveau interrogé par les juges d'instruction. Depuis sa mise en examen pour enlèvement le 3 septembre dernier suite, notamment, à la découverte d'une trace ADN de Maëlys superposée à la sienne sur les commandes de bord de son Audi A3, il n'avait pas été réinterrogé. Pour expliquer la présence de l'ADN  de la fillette, Nordahl L., qui a réponse à tout et nie toute implication, avait affirmé qu'elle était brièvement montée à l'intérieur pour voir si ses chiens étaient dans le coffre. Mais l'homme n'a jamais indiqué avoir transporté quelqu'un dedans.


Cette nouvelle audition sera donc cruciale. Car les trois juges d'instruction ont à leur disposition de nouveaux élements qui pourraient mettre à mal sa défense. Notamment un cliché enregistré par les caméras de vidéosurveillance au-dessus d'un magasin d'optique de Pont-de-Beauvoisin sur lequel apparaît le véhicule du suspect la nuit de la disparition de Maëlys. Côté passager, une forme blanche. S'agit-il de l'enfant disparu qui portait ce jour-là une robe blanche ? 

Faisceau d'indices

Nordahl L. sera également interrogé sur les nombreux allers-retours qu'il a effectués entre la salle des fêtes et des lieux non identifiés dans la nuit du 26 au 27 août. Lui explique notamment qu'il est rentré se changer parce que, ivre, il avait taché son short "de vin et de vomi". Un vêtement qu'il aurait jeté dans une poubelle dont il est incapable de se souvenir et qui n'a jamais été retrouvé. 


Son comportement intrigant au lendemain du mariage sera également interrogé. Il avait passé plusieurs heures dans une station de lavage à nettoyer sa voiture qu'il, dit-il, devait vendre. Un nettoyage méticuleux filmé par les caméras de vidéosurveillance durant lequel ce passionné de voitures insistera sur le côté passager et les poignets de portes. Le coffre du véhicule sera lavé avec un produit puissant d'ordinaire utilisé pour les jantes.  


Le procureur de la République à Grenoble, Jean-Yves Coquillat, tiendra une conférence de presse à l'issue de cette audition. 

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