Affaire Mila : trois mineurs identifiés, interpellés et mis en examen

Affaire Mila : trois mineurs identifiés, interpellés et mis en examen
Justice

JUSTICE – Trois personnes mineures ont été interpellées et mises en examen dans le cadre de l'affaire Mila, cette adolescente menacée de mort pour avoir critiqué l'islam en janvier dernier.

Sa voix, ses cheveux violets, ses grands yeux clairs ont marqué les esprits autant que ses propos. En janvier dernier, le prénom de Mila est devenu un des hashtags les plus utilisés sur les réseaux sociaux. Cette adolescente de 16 ans, au visage adulte, avait le 18 janvier vivement critiqué l'islam dans un post sur Instagram. "Je déteste la religion. Le Coran est une religion de haine, l'islam, c'est de la merde (...) je dis ce que je pense ! Je ne suis pas raciste, mais pas du tout. On ne peut pas être raciste d'une religion. (…) Votre religion, c'est de la merde, votre Dieu, je lui mets un doigt dans le trou du cul, merci, au revoir. Vous m'insultez et vous me menacez de mort, vous n'êtes bons qu'à ça", déclarait notamment Mila dans son post. 

Suite à ces propos, la jeune fille avait été menacée de mort et harcelée sur les réseaux sociaux. L'adresse de son lycée et de son domicile notamment avaient été diffusées sur les réseaux sociaux. Mila avait été placée sous protection policière

Deux procédures ouvertes

Deux procédures avaient été ouvertes en janvier par le parquet de Vienne et confiées à la section de recherches de Grenoble suite à cette affaire. Six mois après les faits, le parquet de Vienne indique ce mercredi dans un communiqué que trois mineurs ont été interpellés et mis en examen. "La première procédure, diligentée à l'encontre de la jeune Mila du chef de 'provocation à la haine raciale', était classée sans suite le 30 janvier 2020, les investigations conduites n'ayant révélé aucun élément de nature à caractériser cette infraction pénale", indique le parquet. 

La seconde procédure, diligentée des "chefs de menaces de mort et harcèlement", a conduit à l'interpellation d'un premier mineur âgé de 16 ans, le 20 février 2020, originaire de Besançon. Lui était reproché d'avoir été à l'origine de la diffusion d'informations personnelles relatives à la jeune fille. "Cet adolescent a été déféré le 21 février 2020 dans le cadre d'une information judiciaire ouverte le jour-même des 'chefs de vol, menaces de mort, menaces de commettre un crime, harcèlement et usage de l’identité ou de données d’identification d’autrui en vue de porter atteinte à la tranquillité ou à l’honneur'", fait savoir le parquet. Ce suspect, qui a reconnu avoir diffusé les informations personnelles de la victime, a été mis en examen des chefs de "recel de vol, harcèlement électronique et usage de données d’identification d’autrui". Il était placé sous contrôle judiciaire. 

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Quatre mois après cette première mise en examen, le 10 juin 2020, deux autres mineurs ont été déférés devant le juge d'instruction de Vienne. "Originaires de l'Isère et du Rhône et tous deux âgés de 17 ans, ils ont eux reconnu a"voir récupéré les données personnelles de Mila avant de les transmettre au mineur de Besançon", détaille le parquet. Ces deux adolescents ont été mis en examen des chefs de "vol et recel de vol de données informatiques" et placés sous contrôle judiciaire. 

"Un auteur de menaces de mort a été interpellé en mai 2020 par la section de recherches de Grenoble sur commission rogatoire de la juge d'instruction de Vienne. Les investigations se poursuivent désormais en vue de l'identification d'autres auteurs de menaces sur la jeune fille", conclut le parquet dans son communiqué.

Soutenue par Emmanuel Macron

Mila avait pris la parole dans l'émission Quotidien après son post pour s'excuser d'avoir insulté des personnes qui pratiquent leur religion "en paix" et pour se défendre tout en déplorant la "vulgarité" de ses propos et leur diffusion en ligne. "Je ne regrette absolument pas ce que j'ai dit, c'était vraiment ma pensée", avait-elle lancé dans l'émission de Yann Barthès.

Après ces événements, Mila n’avait pas pu retourner en cours de suite. Jean-Michel Blanquer avait alors indiqué tout faire pour rescolariser cette élève. Peu après, la jeune fille avait finalement pu reprendre le chemin de l'école.

Mila avait reçu de nombreux soutiens après les faits, notamment de la part d'Emmanuel Macron.

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