L'affaire Omar Raddad n'est pas terminée : "Il y aura de nouvelles expertises ADN", annonce son avocate sur LCI

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JUSTICE - C'était en 1991. Ghislaine Marchal, 65 ans, était tuée de plusieurs coups de couteau dans la chaufferie de sa villa de Mougins (Alpes-Maritimes). Là, on retrouve une inscription en lettres de sang: "Omar m'a tuer". Son jardinier, Omar Raddad, est arrêté puis condamné pour ce meurtre. Depuis, il clame son innocence et dénonce une grave erreur judiciaire.

Le mystère qui entoure le meurtre de Ghislaine Marchal n'est toujours pas éclairci, mais pour le procureur de Nice, Jean-Michel Prêtre, le dossier Omar Raddad est clos depuis mars. Faux, lui rétorque son avocate Sylvie Noachovitch. Dans l'émission de LCI "Le Grand Dossier", elle revient sur les avancées.


Omar Raddad avait été condamné à dix-huit ans de réclusion criminelle pour meurtre en 1994. A l'époque, il n'avait pas la possibilité de faire appel. Quatre ans plus tard, il a bénéficié d'une libération conditionnelle à la suite d'une grâce présidentielle partielle de Jacques Chirac. Depuis, il ne cesse de demander une révision de son procès. Sans succès. 


En novembre 2015, quatre empreintes génétiques correspondant à quatre hommes, deux empreintes parfaitement exploitables et deux autres partiellement, avaient été retrouvées sur deux portes et un chevron qui se trouvaient sur la scène du crime. Sur ces deux portes avait été écrit "Omar m'a tuer" et "Omar m'a t" avec le sang de la victime. 

" L’expertise [sur les ADN] est archi contestable"

De premières analyses avaient permis de déterminer que ces traces ne correspondaient pas au profil génétique d'Omar Raddad. L'expertise ne donne rien, aucun profil, aucun nom. Des résultats que conteste la défense d'Omar Raddad. Son avocate demande alors une contre-expertise et la comparaison des ADN avec ceux de l'ensemble des personnes de l'entourage de Ghislaine Marchal. Ce qui n'a pas été fait, affirme Sylvie Noachovitch, sur LCI. "J'ai demandé une contre-expertise, car l’expertise [sur les ADN] est archi-contestable. Monsieur Jean-Michel Prêtre a refusé cette contre-expertise."


Pour faire entendre sa voix, elle dépose, dans la foulée, un recours "auprès du procureur général près la cour d'appel d'Aix-en-Provence contre la position du procureur de Nice".  "J'ai obtenu devant le procureur général qu'il fasse suite à mes recours", lance-t-elle, ce mercredi sur le plateau de LCI. "Et aujourd'hui bien sûr Jean-Michel Prêtre doit faire ces actes [à savoir la contre-expertise et la comparution des ADN avec les proches de la victime]. Et c'est bizarre, il ne dit pas à la presse, depuis le mois de juillet, que le dossier est rouvert. Il y aura donc de  nouvelles comparaisons de ces ADN."

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Affaire Omar Raddad une saga judiciaire aux nombreux rebondissements

D'autres traces ADN ne correspondant pas à celles d'Omar Raddad avaient déjà été retrouvées sur le lieu du crime, mais la justice lui avait refusé en 2002 un nouveau procès. Ce n'est que grâce à une nouvelle loi en date du 20 juin 2014, qui a assoupli les conditions de révision d'un procès criminel, qu'une nouvelle instruction avait pu avoir lieu.

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