Affaire Pierre-Ambroise Bosse : amende et prison avec sursis requises pour une violente rixe

Justice

PROCÈS - Une amende de 500 euros a été requise mardi à Bordeaux contre Pierre-Ambroise Bosse suite à une violente rixe, fin août 2017, qui avait laissé le champion du monde du 800 avec une ITT de 18 jours, et mis un terme prématuré à sa saison. Six mois de prison avec sursis ont été requis contre son vis-à-vis.

Le jugement a été mis en délibéré au 28 mai. Une amende de 500 euros a été requise mardi 30 avril à Bordeaux contre le champion du monde du 800m, Pierre-Ambroise Bosse, suite à une violente rixe, fin août 2017, qui l'avait laissé avec une ITT de 18 jours, et mis un terme prématuré à sa saison. Six mois de prison avec sursis ont été requis contre son opposant, Anthony Etcheverry, un ancien rugbyman, après une violente altercation lors d'une soirée bien arrosée le 30 août 2017.

L'athlète tricolore comparaissait pour "violences avec usage ou menace d'une arme, en l'espèce une bouteille de bière, n'ayant pas entraîné d'ITT". La peine maximum pour ce type de délit est de trois ans de prison. Son vis-à-vis, présent également à l'audience devant la cinquième chambre du tribunal correctionnel de Bordeaux, était jugé pour "violences par personne en état d'ivresse ayant entraîné une ITT de 18 jours". Il encourt une peine maximum de cinq ans d'emprisonnement.

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Le 30 août 2017, trois semaines après son titre aux Mondiaux de Londres, Bosse révélait sur son compte Facebook avoir été victime d'une "violente agression" nocturne trois jours plus tôt sur le parking du casino de Gujan-Mestras, près d'Arcachon, en Gironde, où le champion du monde du 800m avait fêté sa médaille avec des amis d'enfance. "Sonné" d'un coup de poing puis ciblé à terre par plusieurs coups de pied, il avait subi d'impressionnants traumatismes au visage, constaté après coup une perte de vision à l'œil gauche, et mis un terme à la meilleure saison, qui touchait néanmoins à sa fin, de sa jeune carrière. Peu après, un suspect était mis en examen mais déposait plainte à son tour, accusant Bosse d'avoir déclenché la bagarre. L'athlète lui-même était alors mis en examen, et le juge d'instruction renvoyait les deux hommes devant le tribunal correctionnel.

Une audience éprouvante qui a duré trois heures

Deux prévenus, mais quel "agresseur", quel "déclencheur" ? L'audience éprouvante, de trois heures, a tourné autour des faits précis de cette nuit-là, à la sortie du casino. "PAB" avait 1,76 g d'alcool dans le sang, son vis-à-vis était "en ivresse manifeste", même s'il n'a pas été contrôlé, et il a poursuivi sa soirée ailleurs, après les faits. Une foule "oppressante", "tactile", qui demande des selfies, au point que Bosse juge que "ça sentait pas bon". Il démarre alors en voiture avec un ami mais sans doute en "chambrant" un peu les présents. "J'ai dû jouer avec l'humour encore cette soirée-là, et malheureusement c'est pas passé avec certaines personnes. Je le regrette", a résumé Pierre-Ambroise mardi. Il aurait alors reçu une "gifle" - ce que nie l'autre - puis en retour aurait lancé une bouteille vers son adversaire, ce que récuse l'athlète. Ce qui est avéré, c'est le déferlement de coups ensuite, qui aurait pu mal finir sans l'interposition de jeunes femmes, a rappelé l'accusation.

Les deux prévenus "ne sont pas dans l'équilibre sur le plateau : il y a celui qui, incontrôlable, "comme un animal sauvage" selon des témoins, aurait pu tuer l'homme à terre, et celui dont l'orgueil a été touché", a conclu la procureure Sophie L'Angevin. Elle a demandé au tribunal de les condamner tous les deux, mais avec un gros écart dans les peines requises. 

Bosse défendra son titre mondial à Doha

La défense de Bosse a demandé une expertise pour chiffrer avec précision le préjudice ou, à défaut d'expertise, plusieurs centaines de milliers d'euros de dommages et intérêts, entre pertes professionnelles, meetings non tenus, soins de santé, perte de sponsoring, préjudice corporel, préjudice moral. "Une demande indécente de 700.000 euros", a tonné Me Arnaud Dupin, avocat de l'autre prévenu, sans emploi, reprochant au champion de "ne pas assumer qu'il a déclenché la bagarre", et d'avoir "dérapé, même si on ne peut légitimer ce qui s'est passé par la suite". "Vous devez être irréprochable, dans la vie publique comme dans la vie privée", a-t-il lancé à l'athlète, réclamant 3000 euros de dommages et intérêts pour son client.

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ARCHIVE - Sur les traces de "PAB", champion du monde du 800m

Licencié depuis 2018 au Lille Métropole Athlétisme, Pierre-Ambroise Bosse a indiqué après l'audience que son échéance sportive restait la défense de son titre lors des prochains Championnats du monde à Doha au Qatar, du 28 septembre au 6 octobre. Même si l'incident et l'affaire, "un traumatisme", lui a "mis un coup de vieux". "J'ai moins envie de déconner, la notoriété m'amuse moins, j'ai plus tendance à la fuir aujourd'hui, c'est comme ça, malheureusement".

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