Affaire Ramadan : le témoignage d'une plaignante est fragilisé mais l'islamologue reste mis en examen

Affaire Ramadan : le témoignage d'une plaignante est fragilisé mais l'islamologue reste mis en examen

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ENQUÊTE - Henda Ayari, la première femme à avoir accusé Tariq Ramadan de viol, n'a pas pu se souvenir de la date exacte de l'agression dont elle accuse l'islamologue. Mais celui-ci reste mise en examen pour "viol" et "viol sur personne vulnérable", car des indices "graves et concordants" subsistent.

Le témoignage d'Henda Ayari, l'une des femmes qui accusent Tariq Ramadan de viol, a été fragilisé : celle-ci ne se souvient pas de la date exacte à laquelle elle a subi des violences sexuelles de la part du théologien suisse. Pour autant, Tariq Ramadan reste mis en examen pour viol et viol sur personne vulnérable, les juges d'instruction ayant rejeté ce vendredi la demande d'annulation de ces mises en examen formulées par son avocat. 


Jeudi, Henda Ayari a maintenu son accusation de viol lors d'une confrontation avec l'islamologue organisée par les juges, selon l'avocat de la  plaignante Me Francis Szpiner. Avant cette confrontation, l'ancienne salafiste devenue militante laïque avait changé une première fois de date et indiqué aux enquêteurs avoir été violée par Tariq Ramadan le 26 mai 2012. Sauf qu'à cette date, elle ne se trouvait à l'hôtel Crowne Plaza, à Paris, mais au mariage de son frère à Rouen.

Les indices graves ou concordants qui ont présidé à la mise en examen de Tariq Ramadan subsistentLes juges d'instruction

L'avocat de Tariq Ramadan, Me Marsigny, a déposé jeudi une nouvelle demande de libération de son client, affirmant que la version de Henda Ayari "s'écroule". Il avait également déposé en juin une demande d'annulation de la mise en examen de son client. C'est cette demande qui a été rejetée par les juges d'instruction vendredi. Les magistrats estiment dans leur ordonnance qu'Henda Ayari a eu des déclarations "hésitantes" quant à la date et au lieu du viol présumé mais que "les indices graves ou concordants qui ont présidé à la mise en examen de Tariq Ramadan subsistent".


Pour l'avocat d'Henda Ayari, il n'est pas choquant que celle ci ne se souvienne pas de la date exacte. "Elle se souvient d'une période de temps, que c'était après avoir changé la photo de son profil sur Facebook et qu'il pleuvait ce jour-là ; elle a parlé de ce rendez-vous à une amie", a-t-il indiqué.

Les éléments matériels d'une deuxième accusatrice "se sont révélés" exacts

Tariq Ramadan a été mis en examen et incarcéré le 2 février pour "viol" et "viol sur personne vulnérable", après la plainte d'Henda Ayari mais aussi d'une autre femme, surnommée Christelle par les médias. Dans leur ordonnance, les juges indiquent que les éléments matériels fournis par cette Christelle "se sont révélés exacts" après les investigations et que ses déclarations réitérées sont "circonstanciées et précises". Celle-ci dit avoir été violée le 9 octobre 2009 dans un hôtel à Lyon.


Une troisième femme, Mounia Rabbouj, accuse également de viols Tariq Ramadan. Dans ce troisième volet, l'islamologue a été placé sous le statut de témoin assisté.

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