Affaire Troadec : une reconstitution dans la maison du crime pour tenter d'éclaircir les mystères

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ZONES D'OMBRES - Comment les quatre membres de la famille Troadec ont-ils été tués? Plus de deux ans après les faits, une reconstitution de la soirée du 16 février 2017 a eu lieu dans la nuit de lundi à mardi pour tenter de faire la lumière sur les dernières interrogations.

Comment les quatre membres de la famille Troadec ont-ils été tués à leur domicile à Orvault, près de Nantes, dans la nuit du 16 février 2017 ? Cette question est au cœur de la reconstitution qui se déroule dans la nuit de lundi à mardi 30 avril en présence d'Hubert Caouissin, assassin présumé de la famille. Les zones d'ombres de l'affaire Troadec seront-elles éclaircies mardi matin? 

Le suspect, mis en examen pour assassinat et placé en détention provisoire à la maison d'arrêt de Nantes, est arrivé à 20h49 à bord d'un fourgon blanc rue d'Auteuil à Orvault, dans l'agglomération nantaise. Il devra montrer les gestes qui l'ont conduit, il y a deux ans, à tuer son beau-frère Pascal Troadec, son épouse Brigitte, 49 ans, ainsi que leurs enfants Sébastien (21 ans) et Charlotte (18 ans), dans leur pavillon de ce quartier résidentiel.

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La reconstitution va "nous permettre de visualiser les lieux" et "d'éclairer la compréhension des faits matériels", avait confié vendredi Patrick Larvor, l'un de ses avocats. L'arrivée du suspect a été précédée de celles de la police judiciaire, des avocats des parties civiles mais aussi de Charlotte Gazzera, procureure en charge du dossier, et de Pierre Sennès, procureur de la République de Nantes. Les deux voitures du couple, ainsi que la Peugeot 308 grise du fils, dans laquelle Hubert Caouissin aurait chargé les corps ont également été acheminées sur les lieux.

"Extrême préparation du crime" ?

Cette étape de l'instruction s'annonce cruciale au regard des zones d'ombre du dossier, à commencer par le caractère prémédité des faits, thèse soutenue par la partie civile mais réfutée par Hubert Caouissin. Cet ancien ouvrier d’État de l'arsenal de Brest, quadragénaire sans antécédent judiciaire, a affirmé avoir tué ses victimes avec un pied de biche subtilisé au père de famille le soir du drame.

"Le but est d'abord de vérifier que les déclarations du suspect sont compatibles (...) avec ce qu'ont pu établir les experts" notamment ceux en morphoanalyse, avait souligné Me Loïc Cabioch, l'avocat de Lydie Troadec, compagne du suspect, elle-même mise en examen pour "modification de l'état des lieux d’un crime" et "recel de cadavres" dans cette affaire. La reconstitution "va permettre, je le souhaite, de mettre en perspective les versions divergentes et fantaisistes du mis en examen avec une réalité objective qui est celle des éléments techniques", a déclaré en arrivant sur les lieux Me Cécile de Oliveira, l'avocate de la famille de Brigitte Troadec, qui soutient la thèse d'une "extrême préparation de ce crime".

Les crânes des victimes restent introuvables

Comment l'assassin présumé s'est-il introduit dans le pavillon ? Dans quel ordre se sont déroulés les événements ? Que disent les nombreuses traces de sang relevées sur place ? Autant d'interrogations qui s'ajoutent à un dossier s'apparentant à un puzzle aux pièces manquantes: mobile flou sur fond de guerre d'héritage, arme du crime volatilisée, corps des victimes transportés, démembrés puis disséminés par le suspect à plus de 240 km du lieu des faits, dans sa propriété à Pont-de-Buis-lès-Quimerch (Finistère).

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Des restes avaient été découverts peu après les faits. Mais d'autres parties, notamment les crânes des victimes, demeurent introuvables malgré le transport d'Hubert Caouissin sur les lieux le 12 mars, puis de nouvelles fouilles début avril, dont les enquêteurs sont revenus bredouilles. La reconstitution ne résoudra pas à elle seule les nombreuses énigmes de l'affaire, mais elle s'annonce comme un épisode important de l'instruction qui se rapprochera ainsi un peu plus de sa fin, laissant présager un renvoi devant les assises en 2020.  

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