Affiche anti-Covid accusée de racisme : le préfet de Martinique sera jugé à Paris

D'après la préfecture de la Martinique, cinq ananas équivalent à un mètre de distance
Justice

POLÉMIQUE - Le procès intenté au préfet de Martinique à la suite d’une publication polémique sur les réseaux sociaux, représentant cinq ananas pour marquer la distanciation sociale, aura lieu à Paris, sur décision de la Cour de cassation.

La cour de cassation a ordonné mercredi 30 septembre le dépaysement à Paris de la procédure judiciaire engagée après une plainte déposée à Fort-de-France contre le préfet de Martinique, à la suite de la publication au printemps dernier d'une affiche anti-covid jugée raciste.

La  juridiction suprême de l'ordre judiciaire a fait droit à une demande du procureur général auprès de la cour d'appel de Fort-de-France Pierre-Yves Colliau. Le magistrat avait  justifié cette requête par "la situation très tendue que connaît la Martinique depuis environ une année" et par "les relations professionnelles étroites entre le ministère public de Fort-de-France, plus généralement les juridictions, avec l'autorité préfectorale martiniquaise". Des liens qui rendraient selon lui "soupçonnable, au nom de l'impartialité objective, toute décision juridictionnelle".

"1 mètre ou cinq ananas"

Les poursuites à l'encontre du préfet Stanislas Cazelles font suite à la publication en mai dernier d'une affiche destinée à promouvoir la distanciation physique entre les personnes dans le cadre des mesures sanitaires afin de lutter contre le coronavirus. L'image montrait deux personnages, un noir et un blanc, se tenant à un mètre l'un de l'autre, une distance symbolisée par… cinq ananas.

Qualifiée d'"insultante et raciste" par l'eurodéputée écologiste Karima Delli et par Jean-Luc Melenchon, elle avait été rapidement retirée et le préfet s'était excusé.

Un groupe de personnes se présentant comme des militants anti chlordécone (pesticide dangereux) avait néanmoins engagé des poursuites pénales pour injures publiques à caractère racial à l'encontre du préfet.

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Ces militants sont par ailleurs eux-mêmes poursuivis pour avoir violemment manifesté contre un centre commercial appartenant au groupe Hayot, qu'ils accusent d'être responsable de la pollution au chlordécone. De graves affrontements s'étaient produits le 13 janvier dernier en marge de leur convocation au tribunal. Ce sont ces "débordements devant le tribunal judiciaire notamment le 13 janvier" qui ont conduit le parquet à réclamer la délocalisation du dossier, explique le procureur.

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