Agression d'un couple juif à son domicile à Créteil : les auteurs condamnés à 8, 13 et 16 ans de prison

Justice

JUSTICE – En 2014, un jeune couple juif avait été victime d’une violente agression à son domicile de Créteil. La jeune femme avait été victime d'un viol. Les trois hommes, aujourd'hui âgés de 22, 23 et 26 ans (l'un est en fuite), ont été condamnés ce vendredi à 16, 13, et 8 ans de réclusion criminelle.

La cour d'assises du Val-de-Marne a rendu son verdict ce vendredi soir à l'encontre des trois accusés jugés pour la violente agression dont a fait l'objet un couple juif domicilié à Créteil. Les trois hommes, aujourd'hui âgés de 22, 23 et 26 ans (l'un est en fuite), qui avaient pénétré de force, cagoulés et armés, dans l'appartement des victimes, ont été condamnés à 16, 13, et 8 ans de réclusion criminelle.  La cour a également reconnu coupable l'agresseur jugé pour le viol.La qualification antisémite a été retenue. Jeudi,  l'avocate générale avait requis de 10 à 20 ans de réclusion criminelle à l'encontre ces trois hommes. 

Le 1er décembre 2014 au matin, Jonathan et sa compagne Laurine, qui habitaient chez les parents du jeune homme  à Créteil, avaient été ligotés et bâillonnés par trois hommes cagoulés, gantés et armés qui avaient fait irruption dans l'appartement. Les agresseurs s'étaient mis à fouiller leur domicile à la recherche d'argent liquide. "Les juifs, ça ne met pas l'argent à la banque", leur avait-on dit arme au poing, menaçant de les "buter". La jeune femme avait été violée par l'un des agresseurs au cours de ce violent cambriolage, faits qu'aucun accusé ne reconnaît.

Voir aussi

Des "loups"

Pour l'avocate général, le préjugé racial ne faisait aucun doute. "Les Russes sont des alcooliques, les Suisses sont des fraudeurs, les Chinois sont des fourbes, les noirs se ressemblent tous, les Arabes mentent. Et les juifs, ça a de l'argent", avait lancé Christine Laï au début de ses réquisitions. Pour elle, les agresseurs, ces "loups" qui évoluaient dans ce quartier où habite une grande partie de la communauté juive de Créteil, "ont vu le rond" sur la tête du père de la victime, "ont vu la Mercedes noire" qu'il conduisait, et en ont conclu qu'ils étaient juifs et avaient de l'argent. "Il y a un caractère foncièrement antisémite dans votre sélection des victimes", avait-elle lancé aux accusés dans le box. 

"Ils ne sont pas antisémites, ils sont ignorants. Ils baignent dans une ignorance crasse", avait répondu dans sa plaidoirie Marie Dosé, l'avocate d'un des agresseurs qui a longuement dénoncé "une qualification antisémite décidée au niveau ministériel" moins de 48 heures après les faits, et la "médiatisation outrancière". "Les dés étaient jetés", a-t-elle estimé. L'avocat du deuxième agresseur, Alain Belot, avait demandé à la cour de ne pas juger "la généralité des crimes antisémites", mais les "branquignolles" qui ont commis celui-là.

"Une humiliation"

Le jour du cambriolage, les propos antisémites avaient été tenus par un seul des accusés, l'homme en fuite, contre qui l'avocate générale avait requis la plus lourde peine. "C'est pour mes frères en Palestine", dira-t-il en s'amusant à laisser tomber des couteaux sur Jonathan, avant de jeter au sol les symboles juifs.  "Une peur supplémentaire, une humiliation supplémentaire" estime l'avocate générale dans cette "terrible histoire qui dure une heure et demi", et dans laquelle la menace d'armes, dont Jonathan sentira "le métal dans sa bouche", est omniprésente.

Aucun des accusés n'a reconnu le viol de Laurine. L'avocate générale avait relu la déposition de la jeune femme de 19 ans à l'époque : "J'étais toute seule, je les entendais parler. J'ai entendu l'Arabe dire au Noir: 'tu veux la baiser sa copine ?'. Il est rentré, il m'a dit 'crie pas, pleure pas, ou je t'emmène avec moi'". L'avocate générale avait ensuite raconté comment l'homme avait infligé à Laurine ligotée sur le lit des caresses sur les seins et deux pénétrations digitales. "On viole parce qu'on punit, parce qu'on n'a pas trouvé assez de fric, avait-elle asséné, parce que les juifs finalement, ça n'en a pas tant que ça".

Sur le même sujet

Et aussi

Lire et commenter