Agression par un djihadiste : la colère monte, les surveillants mettent la pression sur Belloubet

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COLÈRE - A la suite de l'agression jeudi de plusieurs surveillants de prison par un djihadiste à Vendin-le-Vieil, les syndicats de surveillants appellent à une grève massive lundi. Ils ont été reçus au ministère de la Justice ce samedi matin.

Après l’agression de trois surveillants de la prison de haute sécurité de Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais) par l’islamiste allemand Christian Ganczarski,  la colère ne retombe pas.  Portés par une importante journée de mobilisation, deux syndicats de surveillants pénitentiaires ont appelé à  un "blocage total" des prisons lundi. Mise sous pression, Nicole Belloubet tentera de calmer la colère des  personnels dans cette prison du Pas-de-Calais où elle a prévu de se rendre mardi.

Vendredi, dès après l'agression ) Vendin-le-Vieil, les surveillants ont refusé de reprendre le travail. "Voulez-vous reprendre le service ? Levez le bras !", lance tout d'abord l'un des gardiens. Et là, rien, personne ne lève la main  malgré les demandes insistantes du directeur qui affirme "avoir besoin d’eux". "Qui veut reprendre le travail dans ces conditions d’insécurité ou péril de sa vie à cause de cet homme (ndlr : le directeur de la prison) qui gère de manière indigne cet établissement", dénonce un gardien. "Si on doit montrer l’exemple, on montrera l’exemple", poursuit-il.

Au-delà de Vendin-le-Vieil, des débrayages ont eu lieu vendredi dans les prisons de Monmedy, Nice, Châlon-sur-Saone, Draguignan, Toulon, Aix-en-Provence, Avignon et Lille-Sequedin. Le secrétaire général de l’UFAP-justice a affirmé à LCI que les employés des prisons de Tarascon et de Salon de Provence ont comme leur collègue de Vendin-le-Veil refusés de reprendre le travail.   "Plus d'un tiers" des 188 établissements pénitentiaires français ont été  touchés par des débrayages de 15 à 20 minutes en général, a indiqué à l'AFP en  fin de journée la Direction de l'administration pénitentiaire, qui reconnaît  "un mouvement important".


 Si la ministre a diligenté une enquête pour faire la lumière sur des  "dysfonctionnements", elle a dédouané les agents agressés "qui ont fait ce  qu'ils avaient à faire". Dans un tract commun, le syndicat majoritaire de la profession, l'Ufap-Unsa  Justice, et la CGT Pénitentiaire ont dénoncé le "laxisme" des gouvernements  successifs face au traitement des détenus radicalisés les plus violents, et  appelé "l'ensemble des personnels pénitentiaires (...) à participer aux actions  de blocage total des structures".

 

Les syndicats critiquent en particulier le récent allègement des conditions  de détention de l'agresseur, Christian Ganczarski, un islamiste allemand  considéré comme l'un des instigateurs de l'attentat contre la synagogue de  Djerba (Tunisie), qui avait fait 21 morts en avril 2002.     Cet ancien cadre d'Al-Qaïda, condamné à 18 ans de réclusion criminelle,  effectuait la fin de sa peine dans cette prison ultra-sécurisée qui doit  accueillir prochainement Salah Abdeslam, dernier survivant des commandos des  attentats du 13 novembre 2015, lors de son procès en Belgique en février. Mme  Belloubet a estimé qu'"il n'y a pas de raison de revenir sur cette décision",  en dépit de cette agression.

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