Réfugié irakien soupçonné d'appartenir à Daech : son avocat assure qu'il a au contraire lutté contre le groupe terroriste

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DÉMENTI - L’avocat du réfugié irakien mis en examen notamment pour terrorisme et crimes de guerre a de nouveau démenti catégoriquement que son client, Ahmed H., ait été un cadre de l’Etat Islamique et ait participé au massacre de Tikrit. Ahmed H. était, selon lui, membre des forces de sécurité irakiennes.

Ahmed H. était-il un cadre de Daech ou, à l'inverse, un combattant engagé dans la lutte contre cette organisation terroriste ? Les autorités irakiennes et françaises penchent pour la première option.  La DGSI (Direction générale de la sécurité intérieure) a arrêté ce trentenaire irakien à son domicile de Lisieux dans le Calvados le 6 mars dernier. L'Etat français lui a retiré dans la foulée son statut de réfugié, qu'il avait obtenu en mai 2017.


Mais le terroriste présumé nie tout en bloc. Oui, il vivait bien dans la région de Samara mais il n'aurait jamais participé aux activités de l'Etat Islamique, ni au massacre de 1700 soldats irakiens prisonniers les 12 et 13 juin 2014 à Tikrit, dans le nord du pays. Un massacre revendiqué par Daech. 


"Depuis son arrestation, il a toujours nié les chefs d’accusation qu’on lui reproche", souligne son avocat, Me Mohamed El Monsaf Hamdi. "Il n’a jamais été membre d’Al Qaïda ni de Daech, et encore moins l’administrateur de la région de Samara pour le compte de Daech. Lors du massacre connu sous Speicher, Mr Ahmed H. n’était pas à Tikrit, il avait déjà quitté la ville." Avant de marteler : "Ces informations peuvent être vérifiées".

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Un réfugié irakien soupçonné d'être un cadre de Daech

Ahmed H. aurait au contraire été "très actif dans la lutte contre l'Etat islamique". Toujours selon son avocat, il aurait appartenu aux forces de sécurité irakiennes de Tikrit, de 2007 à 2014. Une fonction qui l'aurait même conduit à jouer "un rôle déterminant dans la localisation et l'arrestation en 2012 et 2013 de deux principaux cadres de Daech".


En juin 2014, il était détenu dans la prison Tassfirrat Salah Eddine, à Tikrit, à la suite d'une "guerre" entre services de sécurité irakiens dont il aurait "fait les frais". Me Hamdi précise qu'il s'en serait évadé le 11 juin, soit quelques heures avant la prise de la ville par Daech. Il aurait quitté la ville le lendemain à l'aube, avec l'aide des services de sécurité kurdes et aurait trouvé refuge à Kirkouk, puis d'Erbil, où il a vécu jusqu'en août 2015 avant de partir pour l'Europe via la Turquie.

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Ce que l'on sait du parcours d'Ahmed H.

Une version des faits bien différente de celles livrée par les autorités irakiennes qui avaient émis un mandat d'arrêt international à son encontre. Pour Me Hamdi, ce mandat comporte "beaucoup d'approximations" et ne se repose que sur le témoignage d'un  ancien codétenu d'Ahmed H, condamné à mort et exécuté en août 2017.


Alors qui dit vrai ? L'enquête se poursuit. Mon client "ressent une très grande injustice et s’attendait sûrement pas à être arrêté en France et qu’on l’accuse de faits aussi graves mais il est confiant et il coopère pleinement", a assuré Me Hamdi, tout en précisant que "des éléments très précis seront communiqués aux juges d'instruction" pour consolider ses dires. Ces informations proviennent de "sources irakiennes sûres", notamment d'un "très haut responsable des services de sécurité" de Tikrit.


Le ministre de l'Intérieur n'a pas encore réagi. Vendredi, il indiquait que les autorités françaises avaient entrepris de repasser au crible les dossiers des demandeurs d'asile susceptibles d'être venus du Proche-Orient en même temps que le terroriste présumé.

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