Air Cocaïne : à l'heure du procès, retour sur une affaire hors norme

Air Cocaïne : à l'heure du procès, retour sur une affaire hors norme
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PROCÈS DE L’ANNÉE - Neuf hommes seront jugés à partir de ce lundi dans le cadre de l'affaire Air Cocaïne, devant la cour d'assises des Bouches-du-Rhône. En mars 2013, plus de 680 kilos de cocaïne avaient été saisis par la police dominicaine dans un jet privé à l'aéroport de Punta Cana, entraînant l'arrestation des deux pilotes et deux passagers français.

Six ans après la saisie spectaculaire de plus de 680 kilos de cocaïne sur le tarmac de Punta Cana, l'affaire Air Cocaïne arrive devant les juges français. Pilotes, passagers, commanditaires présumés et autres protagonistes de l'affaire seront jugés à partir de lundi devant une cour d'assises spéciale à Aix-en-Provence, dans les Bouches-du-Rhône. Le procès devrait durer du 18 février au 5 avril. Pour cette affaire de trafic de drogue international "en bande organisée", pas  de jurés mais une cour d'assises spéciale, composée de cinq magistrats  professionnels.


Les témoignages des pilotes Bruo Odos et Pascal Fauret  sont parmi les plus attendus dans la centaine de témoignages et  d'auditions d'experts programmés au long des sept semaines de procès.

Les prémices de l'affaire

Dans la nuit du 19 au 20 mars 2013, sur le tarmac de l'aéroport de la station balnéaire de Punta Cana, la police dominicaine découvre 26 valises de drogue, calées dans les soutes et le "coin salon" d'un Falcon 50. Le jet privé s'apprêtait à décoller pour la France, via les Açores.


Quatre Français, les pilotes Bruno Odos et Pascal Fauret, et les passagers Nicolas Pisapia et Alain Castany, sont immédiatement arrêtés. Malgré leurs dénégations, ils seront condamnés par la justice dominicaine, en 2015, à vingt ans de prison. 


Depuis, leurs destins se sont séparés : les pilotes sont parvenus à s'enfuir clandestinement vers la France, au terme d'une opération d'exfiltration aussi mystérieuse que rocambolesque. La justice les soupçonne d'avoir assuré d'autres rotations entre les Caraïbes et la France. Selon l'accusation, ils ne pouvaient ignorer ce qu'ils transportaient. Eux assurent le contraire et se retranchent derrière les règles de l'aviation d'affaires.

Qui sont les protagonistes jugés ?

Nicolas Pisapia, 43 ans, était passager du Falcon 50. Il est soupçonné  d'être l'homme de confiance qui convoyait les bagages pleins de drogue, réservait les hôtels ou accompagnait d'autres membres du réseau dans leurs  déplacements. C'est le dernier accusé encore en République Dominicaine, sous contrôle judiciaire, dans l'attente d'une décision de cassation sur sa condamnation en  appel à vingt ans de prison.

   

Doyen des accusés, Alain Castany, a été arrêté lors du coup de filet à Punta Cana. Cet ancien pilote de 72 ans a été condamné lui aussi à 20 ans de prison, en première instance et en appel, par la justice dominicaine. Seul accusé encore en détention préventive, Ali Bouchareb, 47 ans, est considéré par la justice comme le commanditaire de ce trafic international, grâce à ses contacts aux Antilles et en Amérique Latine. Il est connu pour avoir été condamné pour trafic de cocaïne. 

En vidéo

Air cocaïne : témoignage de l'expert en sureté aérienne qui a aidé les deux pilotes à s'enfuir

Sur le banc des accusés, Franck Colin, le "self made man" de Bucarest.  Marié à une riche Roumaine, âgé de 47 ans, il vivait à Bucarest et dirigeait plusieurs sociétés. Il voyageait souvent à travers l'Europe et aux Caraïbes, menant grand train. Celui qui se décrit comme un "self made man"  d'origine modeste, ayant réussi à devenir garde du corps de personnalités des affaires et du show-biz, apparaît comme la cheville ouvrière du trafic. Pendant l'instruction, il a tenté, en vain, de convaincre les juges qu'il était un agent infiltré, militant anti-drogue, qui participait au trafic pour en faire tomber les dirigeants. 

   

François-Xavier Manchet est accusé d'avoir aidé les trafiquants à  faire entrer leur drogue en France, via Saint-Tropez La Mole, un aéroport international discret, spécialisé dans l'aviation d'affaires. Ce douanier les aurait aidés à blanchir quelque 500 000 euros. Enfin, quatre personnages secondaires Pierre-Marc Dreyfus, le patron de la société SNTHS qui opérait l'avion privé dans des conditions douteuses, et ce avec de multiples partenaires, dont  Fabrice Alcaud, un autre accusé.

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