Elève trisomique défenestrée par un camarade : la directrice d'école relaxée

Elève trisomique défenestrée par un camarade : la directrice d'école relaxée
Justice

DRAME - Cinq ans après la mort d'une fillette trisomique défenestrée par son camarade de classe, la directrice d'école a été relaxée par le tribunal correctionnel d'Angoulême pour "absence de faute caractérisée".

Le 9 janvier 2015 à Périgueux, la petite Laly, 8 ans et trisomique, décédait des suites de ses blessures. La veille, à son école, elle avait été défenestrée par un camarade du même âge. Cinq ans après la mort de la fillette, le tribunal correctionnel d'Angoulême a finalement prononcé la relaxe de la directrice d'école. Elle était poursuivie pour "homicide involontaire" puisque l'écolière était sous sa responsabilité au moment du drame.

Lire aussi

Un camarade de classe était "psychotique"

La chute de la fillette, d'une hauteur de 5 mètres depuis une fenêtre de l'école, s'était produite dans une classe pour l'inclusion scolaire (CLIS) de l'école privée du Sacré-Coeur. L'établissement accueille des enfants atteints de handicaps psychomoteurs et/ou de troubles du comportement.

Le petit camarade responsable de la mort de Laly a une personnalité "psychotique" et est identifié pour ses troubles du comportement. Si cela n'a été confirmé que lors de l'expertise menée durant l'enquête, des signes avant-coureurs auraient dû alerter l'école : en 2013, il avait déjà poussé depuis le premier étage une petite fille de 2 ans, qui avait heureusement survécu.

Placé depuis ses 2 ans et demi, évoluant dans un lourd contexte familial - son père a été condamné à quatre ans de prison ferme pour l'avoir agressé sexuellement - le garçon était suivi par les services sociaux, et l'est toujours. En 2014, ces derniers mettaient en garde contre d'"autres passages à l'acte". Une information non parvenue jusqu'à l'école.

La directrice d'école ignorait les antécédents du garçon

Le drame avait débouché sur la mise en examen de deux personnes : la directrice de l'école, Elisabeth Jaccard, et la référente de l'Aide sociale à l'enfance (ASE) chargée du suivi du garçon. Mais seule la première a été renvoyée devant la justice, et le parquet avait requis six mois de prison avec sursis à l'audience du 10 décembre dernier.

La présidente du tribunal, Marie-Elisabeth Boulnois, a justifié la décision de relaxe par "l'absence de faute caractérisée". La directrice de l'école ignorait les antécédents du petit garçon et ne pouvait donc avoir conscience de la "particulière gravité" des risques encourus, selon le tribunal. 

Une version confirmée par les déclarations de l'accusée, en pleurs à la barre à l'évocation des "trois à cinq minutes" où tout a basculé. Selon elle, "jamais" elle n'aurait inscrit le garçon si elle avait "été mise au courant" de ce qu'il avait fait. Malgré cela, Elisabeth Jaccard avait assuré : "Je me reprocherai toute ma vie ce qui s'est passé".

Sur le même sujet

Et aussi

Lire et commenter

Alertes

Recevez les alertes infos pour les sujets qui vous intéressent