Ultradroite : Guy S., ex-policier discret côté pile, chef présumé d'un groupuscule violent côté face

Ultradroite : Guy S., ex-policier discret côté pile, chef présumé d'un groupuscule violent côté face

Justice
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TERRORISME - Les dix membres de la mouvance de l'ultradroite soupçonnés d’avoir préparer des attaques terroristes contre des musulmans sont toujours en garde à vue ce mardi. Au cœur de ce réseau, Guy S., policier à la retraite de 65 ans.

Neuf hommes et une femme au profil de "monsieur-tout-le-monde" côté pile, dix membres d’un groupuscule violent côté face. Le profil des suspects arrêtés ce week-end pour avoir projeté des actes anti-musulmans en représailles aux attentats commis en France commence à se dessiner. 


Et particulièrement celui de Guy S., le chef présumé de ces militants gravitant autour d’un mystérieux groupuscule d’ultradroite  baptisé "AFO", pour Action des forces opérationnelles.

Né en 1953, cet ancien policier qui a exercé à Marseille vivait avec son épouse en Charente-Maritime, dans le quartier pavillonnaire d’un village de moins de 7.000 habitants, Tonnay-Charente, où les policiers du Raid sont intervenus samedi soir. Une retraite en apparence paisible : ses voisins ont décrit auprès d’Europe 1 cet homme aux cheveux mi-long blancs comme "très discret, agréable mais se livrant finalement assez peu". Selon eux, il semblait s’être reconverti dans des activités de brocante. 


"Il vendait des armes anciennes, des choses de valeur", racontent de leur côté ses anciens propriétaires au Parisien, alors que l’on sait que les membres d’AFO actuellement en garde à vue sont des passionnés d’armes – qu’ils appelaient "tomates" au téléphone de peur d’être sur écoute –, et qu’un arsenal fourni a été retrouvé lors de leurs interpellations. Toujours auprès du Parisien, un autre riverain assure que les voitures de cet homme à l’accent du sud "étaient toutes immatriculées en Corse", où deux interpellations ont d’ailleurs eu lieu parallèlement à la sienne, et que "Dieu sait que ça valsait". 

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Un réseau d'extrême-droite qui préparait des attentats démantelé

Il avait repris en main AFO avec la volonté d'en faire un groupe plus dur"Une source proche du dossier à l'AFP

Mais c’est bien à une autre facette de ce sexagénaire, par ailleurs assesseur d'un bureau de vote pour le FN lors des dernières élections selon la mairie de sa commune, qui intéresse les enquêteurs. Guy S. avait en effet "repris en main AFO avec la volonté d'en faire un groupe plus dur", selon une source proche du dossier à l’AFP. 


Selon nos informations, les personnes interpellées ce week-end ciblaient notamment des imams radicaux, des détenus islamistes sortant de prison mais aussi des femmes voilées, choisies au hasard dans la rue. L'enquête devra déterminer le degré d'avancement et de maturité du projet.

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