Attaque au couteau à Romans-sur-Isère : ce que l'on sait de l'assaillant

Attaque au couteau à Romans-sur-Isère : ce que l'on sait de l'assaillant
Justice

PROFIL - Ce samedi 4 avril à Romans-sur-Isère (Drôme), un homme armé d'un couteau a tué deux personnes et en a blessé cinq autres, dont deux grièvement. Voici ce que nous savons à cette heure sur le profil du suspect.

Une attaque au couteau survenue ce samedi 4 avril a endeuillé la ville de Romans-sur-Isère, dans la Drôme. A 10h45, un homme armé d'un couteau s'en est pris à des commerçants et des passants dans le centre de cette commune de 35.000 habitants, tuant deux personnes et en blessant cinq autres, dont deux grièvement. Un quart d'heure plus tard, les forces de l'ordre ont mis fin à son périple meurtrier en l'interpellant.

Dans la soirée, le parquet national antiterroriste (PNAT) s'est saisi de l'affaire, après la découverte à son domicile de "documents manuscrits à connotation religieuse dans lesquels l’auteur des lignes se plaint notamment de vivre dans un pays de mécréants". Ce dimanche, il semble que le suspect Abdallah A-O ait bien rédigé ces documents, selon France Bleu Drôme. Une enquête a été ouverte pour "assassinats en relation avec une entreprise terroriste" et "association de malfaiteurs terroriste criminelle". Voici ce que l'on sait pour l'heure du profil de l'auteur présumé de l'attaque.

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Un suspect inconnu des services de police

En réalité, les policiers savent peu de choses de l'assaillant qui, d'après l'identité qu'il a fournie, n'a pas d'antécédents judiciaires et est inconnu des services de renseignement français. Âgé de 33 ans, Abdallah A-O est de nationalité soudanaise, arrivé en France en août 2016 et en situation régulière depuis. L'Ofpra, l'Office Français de Protection des Réfugiés et Apatrides, lui a accordé le statut de réfugié le 29 juin 2017 et un titre de séjour de dix ans le mois suivant.

Le suspect a d'abord vécu à Moras-en-Valloire, dans le nord de la Drôme, "accompagné par les services de l'Etat et le secours catholique", a indiqué le maire de la commune Aurélien Ferlay dans un communiqué. Il y suivait, d'après l'élu, "un contrat de professionnalisation et une formation en maroquinerie". Un de ses voisins de l'époque a déclaré à l'AFP "être sur le cul : c'était quelqu'un de très discret, limite timide, souriant, aimable".

Il "aurait agi seul"

C'est à la fin 2019 qu'Abdallah A-O se serait installé à Romans-sur-Isère, où il vivait dans le centre-ville, à quelques mètres des lieux de l'attaque. Début 2020, il avait obtenu un certificat professionnel de maroquinerie et travaillait dans une entreprise spécialisée dans le secteur. "C'était un jeune homme très discret, apprécié de tous, travailleur. On n'a rien vu venir, c'est terrible", a assuré un membre de la direction au Dauphiné Libéré.

D'après les informations de l'AFP, plusieurs témoins ont affirmé aux enquêteurs que celui-ci "ne se sentait pas bien depuis plusieurs jours" et était "assez aigri" à cause du confinement, mis en place le 17 mars dernier. "A notre connaissance, il aurait agi seul", a déclaré Laurent Nuñez, secrétaire d'Etat à l'Intérieur, ce dimanche matin sur France Inter. Samedi dans la soirée, deux autres de ses connaissances, de nationalité soudanaise elles aussi, ont été placées en garde à vue au commissariat de Romans-sur-Isère.

Des documents "à connotation religieuse" perquisitionnés

Lors de la perquisition menée à son domicile, les policiers ont effectivement trouvé des "documents manuscrits à connotation religieuse" mais pas la moindre lettre d’allégeance à Daesh ou une autre organisation terroriste. Les enquêteurs ont également saisi plusieurs téléphones portables mais aucun ordinateur, selon France Bleu Drôme.

Selon nos informations, le suspect placé en garde à vue est toujours ce samedi soir muré dans le silence et ses motivations restent encore floues. Un homme, "une de ses connaissance", a lui aussi été placé en garde à vue dans la journée.

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"Un parcours meurtrier de nature à troubler l'ordre public"

Mais la connotation terroriste de l'attaque n'a semblé guère faire de doutes au PNAT au vu des premiers éléments de l'enquête, qui "ont mis en évidence un parcours meurtrier déterminé de nature à troubler gravement l'ordre public par l'intimidation ou la terreur". Un parcours meurtrier durant lequel des témoins rapportent l'avoir entendu crier "Allah Akbar", toujours selon nos informations. L'un des éléments clés de l'enquête qui commence tout juste sera vraisemblablement son expertise psychiatrique, qui doit avoir lieu ce dimanche après-midi.

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