Attentat de la rue Copernic : non-lieu en faveur du seul suspect Hassan Diab, le parquet fait appel

Attentat de la rue Copernic : non-lieu en faveur du seul suspect Hassan Diab, le parquet fait appel

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JUSTICE - Renvoyé devant les assises en décembre dernier, Hassan Diab, unique suspect de l'attentat à la bombe devant la synagogue de la rue Copernic dans le 16e arrondissement de Paris, qui a fait quatre morts le 3 octobre 1980, va être libéré. Un non-lieu a en effet été prononcé ce vendredi 12 janvier par les juges, quelques heures avant que le parquet ne fasse appel.

C'est une source proche du dossier qui a révélé ce vendredi l'information à l'Agence France Presse : les juges ont rendu un non-lieu en faveur du seul suspect de l'attentat à la bombe commis devant la synagogue de la rue Copernic à Paris, qui a fait quatre morts et une quarantaine de blessés le 3 octobre 1980. Le parquet a ensuite fait appel de cette décision. Extradé en novembre 2014 du Canada, et placé en détention provisoire, ce Libano-Canadien de 64 ans a toujours clamé son innocence. 

Ressemblances avec le portrait-robot

L'enquête, l'une des plus anciennes à Paris, a attribué l'attentat, non revendiqué, au Front populaire de libération de la Palestine-Opérations spéciales (FPLP-OS), un groupe né d'une scission du FPLP. Les renseignements français avaient notamment identifié Hassan Diab comme celui qui avait confectionné l'engin explosif, caché sur une moto. 

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Attentat de la rue Copernic : l'auteur présumé va être extradé (archive de 2014)

Lors de renvoi d'Hassan Diab devant les assises en décembre dernier, le parquet avait ainsi révélé plusieurs éléments à charge contre lui : "Des notes de renseignement convergentes et réitérées", la ressemblance avec des portraits-robots réalisés à l'époque, la découverte d'un passeport à son nom avec des tampons d'entrée et de sortie d'Espagne, d'où serait parti le commando. Il met aussi en avant les comparaisons faites entre l'écriture de Diab et celle sur une fiche d'hôtel remplie par l'homme qui a acheté la moto ou encore le témoignage d'un couple mettant en cause le suspect comme appartenant aux groupes palestiniens au début des années 1980."

Hassan Diab assure qu'il était à Beyrouth

Mais Hassan Diab assure qu'il se trouvait à Beyrouth au moment de l'attentat pour passer ses examens à l'université.  Il a  donné au juge d'instruction les noms de deux femmes ayant révisé les épreuves avec lui qui ont corroboré sa version. Son ex-épouse, Nawal Copty, a également affirmé qu'il était au Liban le 28 septembre 1980, cinq jours avant l'attentat. Or,  d'après les tampons, le possesseur du passeport au nom d'Hassan Diab se trouvait déjà en Europe à cette date.


Ces éléments avaient conduit le juge d'instruction à "sérieusement douter" que Diab "soit le poseur de la bombe". Il avait demandé à plusieurs reprises, ainsi qu'un juge des libertés et de la détention, sa remise en liberté, avec assignation à résidence et port d'un bracelet électronique. Mais à chaque fois, le parquet de Paris avait fait immédiatement appel et la cour d'appel avait décidé de prolonger la détention.


Les juges ont donc décidé de rendre un non-lieu en faveur d'Hassan Diab, quelques heures avant que le parquet ne fasse appel.

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