Attentat de Nice : après la plainte de Cazeneuve, la policière municipale sera jugée en diffamation le 7 juin

JUSTICE - Après une audience de procédure ce mercredi, le tribunal correctionnel de Paris a fixé au 7 juin le procès en diffamation intenté par Bernard Cazeneuve contre Sandra Bertin. "Je maintiens mes dires", a expliqué cette policière municipale qui affirme avoir subi des "pressions" de la part du ministère de l'Intérieur pour modifier son rapport sur le dispositif de sécurité mis en place le soir du 14 juillet.

Sandra Bertin sera jugée en diffamation le 7 juin prochain. Bernard Cazeneuve avait lancé des poursuites à l'encontre de cette policière municipale niçoise qui assure avoir subi "des pressions" de la part du ministère de l'Intérieur pour modifier son rapport sur le dispositif de sécurité mis en place le soir du 14 juillet à Nice. 


Quelques jours après l'attaque de Mohamed Lahouaiej Bouhlel, qui avait avait foncé avec son camion dans la foule sur la promenade des Anglais -86 morts-, une polémique entre l'ex-maire de Nice Christian Estrosi et le gouvernement avait éclaté sur le dispositif de sécurité mis en place ce soir-là. 


Sandra Bertin, responsable du Centre de supervision urbain de la ville de Nice, avait alors accusé un "commissaire de police", envoyé selon elle par le ministère de l'Intérieur, et une autre personne du cabinet ministériel qu'elle avait eue au téléphone, de lui avoir demandé "de faire apparaître sur certains endroits des positions de la police nationale" et de rédiger un rapport "modifiable". Bernard Cazeneuve, alors ministre de l'Intérieur, s'était insurgé contre ces incriminations "indignes" et déposé une citation directe pour "diffamation". 

"Je maintiens ce que j'ai dit. Je dénonce les pressions, je n'ai rien à me reprocher"

Convoquée ce mercredi devant le tribunal correctionnel de Paris, qui souhaitait notamment de fixer la date du procès, Sandra Bertin a déclaré qu'elle "maintenait" ses dires. "L'état d'esprit est toujours le même, je pense que les gens ont le droit à la vérité. Depuis le début, je dénonce les pressions. Et aujourd’hui, je continue à les dénoncer, je fais face et je tiens bon. Je suis sereine, droite dans mes bottes, je n’ai rien à me reprocher", a-t-elle déclaré ce mercredi à LCI. 


Le rapport de trois pages de la policière, également secrétaire générale du Syndicat autonome de la fonction publique territoriale de Nice, affirme que le camion du terroriste est monté sur le trottoir avant le périmètre piéton, sans "aucune présence policière". A l'inverse, un rapport de la police nationale assure qu'il a voulu éviter un "barrage" de policiers nationaux. Face à la polémique, le ministre de l'Intérieur avait demandé un rapport à l'Inspection générale de la police nationale (IGPN), qui avait conclu que le dispositif n'était pas sous-dimensionné.

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