Attentat des Champs Élysées : le père du tueur de Xavier Jugelé condamné pour apologie du terrorisme

JUSTICE - Il était jugé en comparution immédiate après avoir tenu mercredi devant des policiers des propos soutenant l'acte de son fils.

Le père de Karim Cheurfi, qui avait tué le policier Xavier Jugelé sur les Champs-Elysées en avril 2017, a été condamné jeudi 4 janvier à Bobigny à 18 mois de prison, dont 12 avec sursis, pour apologie du terrorisme. Jugé en comparution immédiate, Salah Cheurfi, 66 ans, avait tenu la veille devant des policiers des propos donnant raison à son fils et menacé de mort les fonctionnaires. Le parquet avait requis dix mois de prison et son incarcération immédiate.


Salah Cheurfi sera à nouveau jugé pour apologie du terrorisme le 26 janvier à Bobigny, pour avoir tenu, ivre, des paroles similaires dans un commissariat, quelques jours après l'attentat commis par son fils le 20 avril dernier, trois jours avant le premier tour de la présidentielle. Karim Cheurfi, 39 ans, avait tué Xavier Jugelé de deux balles dans la tête. Il avait aussi blessé deux autres agents et une passante allemande, avant d'être abattu.

"Ce ne sont que des mots"

Jeudi, le tribunal de Bobigny a aussi condamné Salah Cheurfi pour conduite en état d'ivresse. Il avait été interpellé mercredi au petit matin à Gagny (Seine-Saint-Denis), alors qu'il roulait tous feux éteints. Salah Cheurfi avait été incapable de souffler dans l'éthylotest. Six heures plus tard, un taux d'alcool de 0.38 mg par litre d'air expiré avait été relevé. C'est d'ailleurs notamment sur le chemin du commissariat qu'il a tenu les paroles qui lui valent d'être condamné. 

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Xavier Jugelé, policier de 37 ans, victime du terrorisme

À l'audience, l'homme a reconnu ses propos tout en assurant ne pas s'en souvenir. Il les a mis sur le compte de ses problèmes avec l'alcool et a évoqué sa difficulté à faire le deuil de son fils. "Je ne suis pas méchant, je ne suis pas un assassin", a-t-il dit. "Ce n'est que des mots". "Non, ce ne sont pas que des mots", a rétorqué la procureure dans ses réquisitions. "L'apologie du terrorisme est un délit" susceptible de "créer un climat favorable à la commission d'une infraction", a-t-elle rappelé, ajoutant "ne pas croire que l'alcool soit le facteur déclenchant" de ces propos.


Pour Vinciane de Sigy, l'avocate du mari de Xavier Jugelé, Etienne Cardiles, partie civile au procès, les propos de Salah Cheurfi, réitérés, à "l'effet dévastateur", "montrent l'adhésion de la famille entière à l'idéologie terroriste". 

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