Attentats de janvier 2015 : accusés et avocats finalement autorisés à s'exprimer sans masque à la barre

Dès le premier jour du procès des attentats de janvier 2015, la question du masque a pris une place prépondérante.
Justice

DÉMASQUÉS - Après une première journée d'audience troublée par le port obligatoire du masque, le président de la cour d'assise a finalement accordé aux avocats comme aux accusés la possibilité de s'exprimer à visage découvert. Pas de quoi lever toutes les inquiétudes pour autant.

La question avait sensiblement perturbé le premier jour d’audience, poussant la cour à concéder quelques aménagements. À l’ouverture du procès historique des attentats de janvier 2015 à Charlie Hebdo, Montrouge et l’Hyper Cacher, ce mercredi 1er septembre à Paris, c’est peu dire que le port obligatoire du masque - situation sanitaire oblige - s'est invité dans les débats. 

À tel point que, malgré leurs divergences affichées d’emblée, avocats de la défense et de la partie civile se sont retrouvés sur ce thème. Il faut dire qu’après une matinée passée, tous protagonistes confondus, à déroger aux consignes relatives à l’accessoire-barrière anti-Covid, le président de la cour d’assise, Régis de Jorna, n’avait pas manqué de rappeler fermement les règles dès le retour de la pause méridienne. "Le port du masque est obligatoire y compris lors de la prise de parole", avait alors déclaré le magistrat. "Il serait dommage que la barre devant laquelle tout le monde s'exprime devienne un cluster."

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"Vous allez juger un homme sans en voir le visage", s'était alors indignée une avocate de la défense, rapidement rejointe par ses pairs. L'un d'eux, Me Reinhardt, représentant de la partie civile avait notamment fait valoir qu'à "l'Assemblée nationale, lorsqu'il y a prise de parole, ils enlèvent le masque", tandis que Me Coutant-Peyre, conseil du principal accusé présent déplorait, elle, l’image négative, selon elle, d’une telle situation : "C'est un procès pour l'Histoire, intégralement filmé, mais nous sommes face à une cour masquée, des accusés masqués et des avocats masqués, Je ne sais pas quelle trace cela laissera."

Un cas et le procès sera ajourné

Assez pour que ce jeudi, au deuxième jour d’audience, Régis de Jorna fasse preuve d’un peu de souplesse, après "des discussions tardives" avec le premier président de la cour d’appel et le bâtonnier de Paris, des échanges ayant permis "un consensus qui devrait faciliter les choses". Bilan : tout avocat ou accusé appelé à s’exprimer pourra désormais, si et seulement s’il le souhaite, ôter son masque. "Cet accord a été conclu dans un esprit constructif, respectueux des droits de la défense et des règles sanitaires qui s'imposent", a souligné le président, espérant qu’il permette de "dissiper les inquiétudes exprimées".

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Les craintes liées au Covid disparaîtront-elles pour autant ? Rien n’est moins sûr. Dès l’annonce de l’assouplissement en effet, Me Christian Saint-Palais, avocat d’Amar Ramdani, l'un des accusés, a insisté sur la nécessité d'obtenir "l'avis éclairé" d’un expert, mettant en garde contre les conséquences d'une éventuelle contamination : "Si un seul de nous est contaminé, le procès sera suspendu." Une éventualité que la défense ne semble pas prête à voir se réaliser. "Nous n'accepterons pas que la détention provisoire (des accusés, ndlr) perdure", a ainsi souligné Me Saint-Palais, rappelant que la plupart d'entre eux étaient incarcérés depuis cinq ans et demi déjà.

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