Attentats du 13 novembre : mandat d'arrêt contre Ahmed Dahmani, proche de Salah Abdeslam détenu en Turquie

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JUSTICE - Les juges chargés de l’enquête sur les attentats du 13 novembre 2015 ont demandé la remise à la France d’Ahmed Dahmani, proche de Salah Abdeslam. Incarcéré en Turquie, Ahmed Dahmani est soupçonné d'être un logisticien de la cellule djihadiste qui a commis les attentats en France il y a deux ans.

Les juges chargés de l'enquête des attentats du 13 novembre 2015 ont demandé la remise à la France d'Ahmed Dahmani, proche de Salah Abdeslam, incarcéré en Turquie et soupçonné d'être un logisticien de la cellule djihadiste, a appris mardi l'AFP de sources proches du dossier.


Les magistrats français, qui enquêtent sur le réseau responsable des attaques de Paris et Saint-Denis (130 morts), ont émis le 23 mai un mandat d'arrêt international en vue de la mise en examen de ce Belgo-Marocain de 28 ans, condamné en Turquie pour djihadisme, selon ces sources.


Au total, une quinzaine de suspects sont mis en examen ou visés par un mandat d'arrêt des autorités françaises dans cette enquête tentaculaire.

En Turquie depuis le 14 novembre 2015

Ahmed Dahmani est un petit délinquant radicalisé originaire de Molenbeek, commune de l'agglomération bruxelloise où il côtoyait de près deux des principaux protagonistes de l'enquête : Salah Abdeslam, seul membre encore en vie des commandos parisiens, et Mohamed Abrini, "l'homme au chapeau" des attentats de Bruxelles du 22 mars 2016 (32 morts).


Dahmani s'était envolé pour la Turquie depuis Amsterdam le 14 novembre 2015 au matin, au lendemain des attentats et deux jours avant son placement sous surveillance électronique dans un dossier de droit commun. Une semaine après son arrivée, il avait été arrêté à Antalya en même temps que deux passeurs, Muhammed Verde Dibo et Ahmet Tahir, qui tentaient de l'exfiltrer en Syrie. En  2016, tous trois ont été condamnés par la justice turque à dix ans et neuf mois de prison pour appartenance à une organisation terroriste et pour usage de faux.


Les deux passeurs étaient aussi en contact avec Bilal Hadfi, un des kamikazes du Stade de France entrés en Europe dans le flux des migrants, ainsi qu'avec deux autres suspects, désormais poursuivis et détenus en France, selon une des sources proches du dossier.  


Trois mois avant les attentats, le 4 août 2015, Salah Abdeslam avait été contrôlé en Grèce alors qu'il embarquait sur un ferry pour l'Italie, en compagnie d'Ahmed Dahmani. Les centaines de contacts révélés par leurs téléphones ont confirmé leur proximité.


L'enquête a établi qu'Abdeslam, détenu en France et muré dans le silence, a convoyé par la suite une dizaine de membres de la cellule djihadiste, entrés en Europe par la Grèce en suivant la route des migrants.

Document compromettant

Autre élément incriminant à l'encontre de Dahmani, selon une source proche de l'enquête, un papier retrouvé à son domicile lors d'une perquisition pour un vol de voiture en septembre 2015.  Le document comportait l'adresse et les horaires du magasin en France où Abdeslam a acheté des produits entrant dans la confection d'explosifs TATP. Un drapeau islamique et des documents de propagande salafiste avaient également été retrouvés lors de cette perquisition.


Devant les enquêteurs belges, Mohamed Abrini, filmé transportant un sac d'explosifs à l'aéroport bruxellois de Zaventem juste avant l'attentat dans le terminal, a décrit Dahmani comme un ami d'enfance. Ce dernier l'avait déposé à l'aéroport en juin 2015 lorsque "l'homme au chapeau" était parti en Syrie. Selon Abrini, le soir du 13 Novembre, ils étaient ensemble dans un café à regarder un match de foot. 

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