"Enfant du coffre" : la maman de la petite Séréna condamnée à cinq ans de prison, dont trois avec sursis

"Enfant du coffre" : la maman de la petite Séréna condamnée à cinq ans de prison, dont trois avec sursis

Justice
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PROCÈS - L'avocat général avait requis huit ans réclusion : la mère de Séréna a finalement été condamnée à cinq ans de prison, dont trois avec sursis. Rosa Maria Da Cruz était jugée depuis lundi par la Cour d'assises de la Corrèze pour avoir dissimulé pendant deux ans sa fille Séréna dans le coffre de sa voiture. La petite fille avait été découverte en octobre 2013 par un garagiste. Agée de 7 ans aujourd'hui, Séréna a plusieurs handicaps jugés irréversibles.

La cour d'assises de la Corrèze a condamné vendredi Rosa Maria Da Cruz a cinq ans de prison, dont trois avec sursis. La mère Séréna était jugée notamment pour " violences volontaires ayant entraîné une infirmité permanente pour avoir, de novembre 2011 à octobre 2013, caché son sa petite fille, de sa naissance à ses 23 mois. Des sévices qui valent à l'enfant aujourd'hui âgé de 7 ans des handicaps irréversibles. 


Un mandat de dépôt a été prononcé contre Rosa Maria Da Cruz, qui a également été condamnée à un suivi socio-judiciaire de cinq ans, avec injonction de soins, a précisé son avocate Me Chrystèle Chassagne-Delpech. Une peine de huit ans de prison avait été requise contre la quinquagénaire, mère de trois autres enfants. L'audience se poursuivait sur les intérêts civils.

Mercredi, Rosa Maria Da Cruz avait répété devant la cour : "Je n'arrive pas à me l'expliquer à moi. Donc je ne peux pas vous l'expliquer..." A trois, quatre reprises, l'accusé avait fourni cette seule réponse à la Cour d'assises de la Corrèze qui tentait, parfois désespérément, d'établir si Séréna avait, au final, été pour sa mère, une chose, un enfant ou quelque chose "d'intermédiaire".

"Je ne m'en suis jamais occupée"

L'accusée, entendue pour la première fois longuement mercredi au troisième jour du procès, avait stupéfié le président en disant avoir menti lors de ses premières auditions, quand elle avait déclaré avoir tôt nommé sa fille Séréna, lui avoir parlé, l'avoir lavée, câlinée parfois. "Je ne m'en suis jamais occupée, je ne l'ai jamais tenue dans mes bras, je ne lui ai jamais fait de câlins, je ne l'ai nourrie qu'occasionnellement", avait-elle alors assuré, noircissant son portrait et démentant presque point par point ses déclarations en auditions.


Elle avait alors expliqué avoir "menti" aux enquêteurs, puis au juge d'instruction, en "construisant" un tableau plus "positif" vis-à-vis de Séréna, parce qu'un gendarme lui avait indiqué qu'"on allait m'enlever la garde de mes trois enfants, et que je ne les reverrais plus".

"Ce n'était pas un bébé, c'était quelque chose"

Dans des échanges surréalistes, Rosa Maria Da Cruz avait décliné la main tendue de la Cour, qui l'incitait à reconnaître que, malgré tout, même mal, même de façon "inadaptée", elle avait fait "des choses", des "soins" pour cette enfant, comme le prouvent d’ailleurs des éléments objectifs : draps, biberons, vêtements, nourriture, jouets retrouvés dans le coffre où l'enfant vivait une grande partie des journées. 


"J'avais cette chose", a répété Rosa à propos de Séréna, collant à sa défense d'un déni de grossesse suivi d'un déni d'enfant. "Ce que je voyais, ce n'était pas un bébé, c'était quelque chose". Mais "dans mon cerveau, il fallait qu'elle soit en vie".

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