Bernard Tapie : "J'ai une tête à être copain avec Christine Lagarde ?"

Justice

AFFAIRE TAPIE - Christine Lagarde, est jugée à partir de lundi par la Cour de justice de la République pour "négligence" dans le cadre de l'arbitrage Crédit Lyonnais-Tapie. Dans le JDD, Bernard Tapie assure que l'ex-ministre de l'Économie ne lui a à l'époque fait "aucun cadeau".

Avec son éternel franc-parler, Bernard Tapie a fait part ce dimanche au JDD de son état d'esprit à la veille de l'ouverture du procès de Christine Lagarde. L'ex-locataire de Bercy et actuelle présidente du FMI est jugée pour "négligence" ayant permis un détournement de fonds publics dans le cadre de l'affaire Crédit Lyonnais-Tapie. 

Revenant sur l'arbitrage décidé en 2007 par Christine Lagarde, qui lui a permis de toucher 400 millions d'euros dans le cadre de son conflit avec l'ex-banque publique sur la revente d'Adidas en 1994, l'homme d'affaires déclare qu'il ne prendra pas sa défense. "Sûrement pas. Elle a dit un jour 'j'ai une tête à être copain avec Bernard Tapie ?'. Eh bien je lui retourne le compliment. J'ai une tête à être copain avec Christine Lagarde ?", martèle-t-il. Il continue : "Elle ne m'a jamais de cadeau. Si elle a accepté un arbitrage, c'est en y mettant des conditions très sévères", se remémore le propriétaire de La Provence. Pour lui, "en tant que ministre, Mme Lagarde a juste "fait ce qu'elle avait à faire". 

Peut-être que personne n'a envie d'entendre ce que j'ai à dire- Bernard Tapie sur le procès de Christine Lagarde

Ainsi, Bernard Tapie aurait "aimé être amené à témoigner" au procès. "Je suis frustré... mais peut-être que personne n'a envie d'entendre ce que j'ai à dire", ironise-t-il. L'occasion d'une piqûre de rappel sur le "scandale" dont il se dit victime. "Le scandale, ce n'est pas l'arbitrage, mais la façon dont il a été annulé", répète Tapie, qui rappelle qu'il a "relancé la procédure".  

Christine Lagarde est jugée à partir de ce lundi 12 décembre par la Cour de justice de la République. Ministre de l'Économie entre 2007 et 2011, elle sera jugée au titre de l'article 432-16 du Code pénal. Il vise toute personne dépositaire de l'autorité publique qui aurait, par sa "négligence", permis un détournement de fonds publics. 

Patronne de Bercy depuis quelques mois, Christine Lagarde avait à l'époque autorisé, avec "légèreté" selon les enquêteurs, le choix d'une procédure privée d'arbitrage dans le litige Tapie-Crédit Lyonnais. En juillet 2008 elle avait renoncé - un peu vite selon les magistrats -, à engager un recours contre la sentence arbitrale qui avait attribué à Tapie plus de 400 millions d'euros, pris sur les deniers publics. Il lui est reproché d'avoir dans cette affaire fait preuve "d'une incurie et d'une précipitation critiquables" et d'avoir ainsi "privé l'État d'une chance d'éviter que ses fonds soient détournés", selon l'arrêt qui la renvoie  en procès. 

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