Besançon : une mère condamnée à 13 ans de prison pour avoir étouffé sa fille de 4 ans

Besançon : une mère condamnée à 13 ans de prison pour avoir étouffé sa fille de 4 ans

Justice
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DRAME - Une femme de 44 ans a été condamnée vendredi à 13 ans de prison pour avoir étouffé sa fille de 4 ans. Son avocat a pointé des "responsabilités institutionnelles". Malgré plusieurs signalements des services sociaux, le juge des enfants avait ordonné une simple "mesure d'assistance éducative".

Elle entendait des voix. Et était persuadée que sa fille allait être violée, "aujourd’hui ou demain". Stella B.  a étouffé sa fille de 4 ans avec un oreiller: elle a  été condamnée vendredi à 13 ans de réclusion criminelle par la cour d'assises  du Doubs. Apathique et gonflée par une prise abondante d'anxiolytiques, l'accusée de  44 ans a peiné pendant trois jours de procès à expliquer pourquoi elle avait  étouffé sa fille. La cour a retenu l'altération du discernement de cette femme  qui enchaîne depuis de nombreuses années les hospitalisations périodiques en  psychiatrie.

Elle se sentait incapable de protéger sa fille

Cette mère violée et abusée sexuellement à de multiples reprises, notamment  par son propre père, "craignait de manière obsessionnelle que sa fille soit  victime des même actes" et se sentait "incapable de la protéger", selon les  experts.

L'avocate générale, Margaret Parietti, a requis 15 ans d'emprisonnement. Selon elle, les parents de l'enfant ont rencontré des difficultés à partir de  sa naissance, le père était parti. "Élisa était gênante, elle était un  problème" pour la vie du couple, qui s'est remis ensemble après son décès.


Le soir du 12 août 2012 à Besançon, Élisa, 4 ans, était paisiblement  endormie dans son lit quand sa mère lui a appliqué un oreiller sur le visage  jusqu'à ce qu'elle arrête de se débattre. Quelques heures avant, elle lui avait  donné un tranquillisant.

Pour la mère, le viol était "une fatalité"

"Je plaide pour un fantôme amputé psychiquement", a dit Me Jérôme Pichoff,  l'avocat de cette femme "bousillée gamine, cassée à l'âge adulte". "Dans sa logique, on échappe pas au viol. Pour elle c'était une fatalité:  sa fille sera violée, aujourd'hui ou demain", a-t-il expliqué, soulignant la  "folie" d'un acte "irrationnel", "aussi soudain qu'incompréhensible".  Et l'avocat de pointer les "responsabilités institutionnelles". Malgré  plusieurs signalements des services sociaux, le juge des enfants avait ordonné  une simple "mesure d'assistance éducative".

Elle avait, elle-même, demandé à ce que son enfant soit placée

La mère, qui entendait des voix, avait pourtant elle-même demandé le  placement de l'enfant en 2010, s'estimant "dangereuse" pour sa fille. "Victime  et auteur d'abus sexuels", le père d'Élisa avait confié aux mêmes services sa  peur de "toucher" sa fille.

"Les dysfonctionnements, ils existent", reconnaît Me Catherine Roth-Muller,  avocate de l'association La Voix de l'enfant, "mais ne déplaçons pas les  responsabilités, la main qui a tué Élisa, c'est celle de sa mère".

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