Blanchiment aggravé : condamnés à 5 et 4 ans d'emprisonnement, les Balkany ont fait appel

Justice

PROCÈS - Le jugement au procès de Patrick Balkany poursuivi pour "corruption" et "blanchiment" est tombé ce vendredi. Patrick, Isabelle et leur fils Alexandre Balkany ont été reconnus coupables de "blanchiment aggravé" et condamnés respectivement à 5 ans et 4 ans d'emprisonnement pour les parents et six mois d'emprisonnement assortis du sursis simple pour leur fils. Patrick Balkany a été en revanche relaxé du délit de "corruption" et de "prise illégale d'intérêt".

Villas exotiques et sociétés-écran: déjà condamnés pour fraude fiscale, les époux Balkany ont été fixés ce vendredi sur leur sort dans le second volet de leur procès pour "blanchiment à grande échelle", et pour "corruption" pour le seul maire de Levallois-Perret qui dort depuis un mois en prison.

Les époux et leur fils Alexandre ont été reconnus coupables de "blanchiment aggravé". Patrick Balkany a été en revanche relaxé du délit de "corruption", en raison du manque de preuve, et du délit de "prise illégale d'intérêt". 

Le tribunal a condamné Patrick Balkany à cinq ans d'emprisonnement, avec mandat de dépôt. Il a condamné Isabelle Balkany à quatre ans d’emprisonnement mais n'a pas prononcé de mandat de dépôt à son encontre, en raison de son état de santé. Cette peine est assortie pour le couple d'une peine de dix ans d'inéligibilité. Alexandre Balkany, lui, a été condamné à six mois d'emprisonnement assorti à un sursis simple. 

 Le tribunal a également ordonné la confiscation des biens immobiliers du couple Balkany, à savoir le moulin de Giverny et le riad de Marrakech ainsi que la confiscation du montant de la vente de la villa Pamplemousse, soit plus d'un millions d'euros.

S'adressant à la presse à la sortie de la salle d'audience, Isabelle Balkany a déclaré devant les caméras : "Je voudrais simplement vous dire, comme nous l'avons toujours dit, comme cela a été confirmé publiquement et officiellement aujourd'hui. Il n y'a pas un centime d'argent public. C'est uniquement notre patrimoine familial et il n'y a pas de corruption". Dans l'après-midi suivant la décision, l'édile par intérim a annoncé qu'elle et son mari avaient fait appel.

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Isabelle Balkany : "Il n'y a pas de corruption"

Le  parquet national financier (PNF) avait requis contre le maire de Levallois-Perret  sept ans d'emprisonnement, son incarcération immédiate, dix ans d'inéligibilité et la confiscation de tous ses biens. Et contre Isabelle Balkany, quatre ans avec sursis et 500.000 euros d'amende.

Le baron des Hauts-de-Seine, 71 ans, avait refusé ce matin d'être extrait de sa cellule de la Santé. En revanche, son épouse et première adjointe Isabelle, 71 ans également, était bien présente à l'audience.

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Le couple avait concédé "quelques fautes"

Le couple est soupçonné d'avoir caché 13 millions d'euros d'avoirs au fisc entre 2007 et 2014, notamment deux somptueuses villas, Pamplemousse aux Antilles et Dar Guycy à Marrakech.

Au fil des audiences, les Balkany avaient concédé quelques "fautes". Isabelle Balkany avait, pendant l'instruction, admis avoir acquis grâce à un héritage familial la villa antillaise en 1997, via une société constituée au Liechtenstein par une fiduciaire suisse. Le couple a en revanche toujours nié détenir le riad, acquis en janvier 2010 par une SCI marocaine, elle-même détenue par une société-écran panaméenne aux titres au porteur. Et ce, en dépit des peignoirs brodés aux initiales "PB", des livres dédicacés, des meubles payés par Isabelle Balkany.

Dans son premier jugement, le tribunal considère que les Balkany auraient dû déclarer les deux villas: il considère donc déjà le riad marocain comme leur propriété. L'accusation affirme que Patrick Balkany s'est fait offrir cette villa par le milliardaire saoudien Mohamed Al Jaber en échange de délais de paiements pour les Tours de Levallois, un juteux projet immobilier qui n'a finalement pas abouti. S'ils se sont écharpés à l'audience, Patrick Balkany et Mohamed Al Jaber se sont accordés pour nier tout "pacte de corruption".

Le PNF voit au contraire un "lien incontestable entre l'acquisition de la maison et le contrat immobilier de Levallois", notamment à travers la "chronologie éclairante" des versements du promoteur saoudien précédant des délais de paiement accordés par la ville. Le parquet a donc requis de la prison ferme contre le milliardaire pour avoir "sciemment corrompu un élu de la République", contre l'avocat Arnaud Claude présenté comme "le pilote de l'opération" marocaine et contre Jean-Pierre Aubry, alors bras droit de Patrick Balkany, "prête-nom jusqu'au sacrifice" pour son "maître". Une amende de 100.000 euros a été requise contre Alexandre Balkany, pour avoir "couvert" ses parents en souscrivant des baux de location fictifs.

Pour la défense, rien ne tient dans ce dossier. Les avocats du milliardaire saoudien comme ceux de Patrick Balkany ont pilonné une procédure "lamentable" et une accusation qui n'a pas apporté "la moindre preuve d'un pacte de corruption".

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Examen de demande en liberté mardi

Le 13 septembre, dans le premier volet de cette affaire, le maire LR de la commune cossue de l'ouest parisien été condamné à 4 ans de prison pour fraude fiscale et à 10 ans d'inéligibilité, sanctionné pour un "indéniable enracinement, sur une longue période, dans une délinquance fortement rémunératrice".

Ecroué dans la foulée, il avait immédiatement fait appel. L'examen de sa demande de mise en liberté n'est prévu que mardi.

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