Brassard police, matraques et casque presse : 2 vigiles pris à tort pour des casseurs

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PROCÈS – Deux jeunes hommes soupçonnés d'être des casseurs lors des manifestations du 1er mai viennent de comparaître au tribunal de Paris. La police avait retrouvé dans leurs affaires du gaz lacrymogène, des bâtons télescopiques et, plus surprenant, un brassard de police, une caméra et un casque presse. Ils ont finalement été condamnés à une simple amende.

La photo des objets saisis avait été rapidement partagée sur les réseaux sociaux par la préfecture de police : on y voit pêle-mêle, deux bâtons téléscopiques, un casque presse , une grenade lacrymogène et... un brassard police. Ce mardi, 2 hommes comparaissaient au tribunal de police de Paris pour "détention d'arme et recel de vol". Ils avaient été interpellés le 1er mai, lors d'une opération de fouille préventive organisée par les autorités avant la journée de manifestation.  Qui sont-ils ? Des casseurs ? Des gilets jaunes ? Des journalistes ? A l'audience, l'affaire a tourné au malheureux concours de circonstances.

Un malheureux concours de circonstances

Les 2 mis en cause sont des vigiles d'un bar de nuit du quartier Saint-Michel. Le 1er mai au matin, les 2 hommes - Daniel et Salim finissent leur service. Avant de rentrer chez eux en proche banlieue en voiture, les deux pères de famille s'arrêtent à proximité des Champs Elysées pour filmer des devantures de magasins dégradés par les précédentes manifestations de Gilets Jaunes. 


Quand ils reviennent vers leur véhicule, des CRS inspectent la voiture. Ils ont remarqué à l'intérieur un casque estampillé d'un logo 'Press'. Intrigués, ils demandent aux deux hommes d'ouvrir la voiture pour la fouiller. Les deux hommes s'exécutent et préviennent les CRS : ils ont dans le coffre des bâtons télescopiques et du gaz lacrymogène dont ils se servent, disent-ils, dans le cadre de leur métier de vigile pour séparer notamment les bagarres violentes.


Concernant le casque, Daniel assure qu'un ami journaliste lui a confié avec la caméra et lui a demandé de filmer les devantures de magasins le matin. Une version qui étonne les CRS, surtout que Daniel détient, en plus... un brassard de police dans son sac à dos. Les deux vigiles sont immédiatement embarqués par les forces de l'ordre et placés en garde-à-vue.

"Invention d’un scénario"

Face aux juges, Salim et Daniel plaident la bonne foi. Ils se sont "retrouvés au mauvais endroit, au mauvais moment." Pour leurs avocats, les armes, la caméra, le casque et le brassard sont le résultat d'une fâcheuse somme de circonstances et la police a "inventé tout un scénario". Etaient-ils des Gilets Jaunes casseurs ? Les investigations des policiers sur le profil des deux vigiles n’ont rien donné. Ils n’ont participé à aucune des manifestations précédentes et le seul 'lien' est l’appartenance de Salim au groupe Facebook La France en Colère. 


Concernant la caméra, les policiers n'ont trouvé aucune image compromettante. La carte mémoire renfermait neuf vidéos de quelques secondes des magasins des Champs Elysées et les vigiles n’ont pas utilisé le casque. 


Pour le brassard police, Daniel affirme l'avoir retrouvé par terre dans le bar et avait "l'intention de le rendre". Le policier propriétaire du fameux brassard qui a, entre temps été identifié, ignorait d'ailleurs où il l'avait perdu et n’avait jamais porté plainte. 


La détention des matraques est plus problématique. Les deux hommes expliquent que ce matériel est indispensable dans leur métier. D'après leur avocat, des vies ont même été sauvées car elles permettent à Salim et Daniel de séparer des individus qui se battraient à coups de couteaux et de tournevis. 

1000 euros d'amende

 Convaincu par les plaidoiries des avocats et la bonne foi des prévenus, le recel pour vol n'est pas retenu. En revanche, Salim et Daniel sont condamnés à 1.000 euros d'amende chacun pour détention d'armes - les matraques - car ils ne disposent pas des autorisations nécessaires. 

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