Brest : qui est Antony P., le détenu fiché S qui s’est évadé ?

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PORTRAIT - Un jeune détenu de la maison d'arrêt de Brest a réussi à s'évader lors d'un transfert médical. Incarcéré pour vol, fiché S pour radicalisation religieuse, qui est cet homme, activement recherché depuis ce mercredi ?

Un détenu de la maison d’arrêt de Brest a pris la poudre d’escampette ce mercredi. Le jeune homme de 21 ans a profité d’un transfert aux urgences de l’hôpital de la ville pour s’évader. Il a fait croire aux surveillants qu’il refaisait ses lacets avant de partir en courant et de s’engouffrer dans un véhicule qui l’attendait. Il est actuellement toujours recherché. "Le parquet de Brest a immédiatement ouvert une enquête du chef d'évasion avec violence et a saisi la Direction inter-régionale de la police judiciaire (DIPJ) et la brigade des fugitifs", a indiqué le ministère de la Justice dans un communiqué, précisant que le détenu était fiché S. LCI fait le point sur le profil du fugitif.

Un Breton de 21 ans

Le jeune homme, âgé de 21 ans, est originaire de Landerneau, une commune située non loin de Brest. Ce Breton était en détention provisoire depuis le 13 novembre pour "vol par escalade dans un entrepôt", a indiqué le parquet de Brest. Sa détention devait se prolonger jusqu'en juillet, en vue de son procès. Son nom a fuité dans la presse : il s'appellerait Anthony P.

Un délinquant multirécidiviste

Le jeune homme a déjà un casier judiciaire bien rempli, avec 23 condamnations pour vols, recels, dégradations, outrages ou encore conduite sans permis. "La prison ? Il ne connaît quasiment que cela", explique à Ouest-France Thierry Labrot, représentant syndical UFAP à Brest. "Il est passé par le quartier des mineurs." Ce délinquant, bien connu des services de police locaux, a été incarcéré à de multiples reprises à Brest ainsi qu'à Nantes.


 Il n'en est pas non plus à sa première évasion, il avait déjà été condamné en 2014 pour s'être échappé de l'endroit où il était en "placement extérieur", précise une source proche du dossier à Reuters.


Plutôt bravache, il aurait laissé une lettre à l'attention de la directrice de la maison d'arrêt de Brest, sur laquelle figure un simple et moqueur "Je suis libre", selon des informations recueillies par Ouest-France.

Fiché S pour "tendance à la radicalisation" religieuse

Dès l'annonce de son évasion, le ministère de la Justice a immédiatement précisé que ce jeune détenu était fiché S et "suivi en raison de sa radicalisation religieuse". Le procureur de la République de Brest, Jean-Philippe Récappé, a cependant précisé qu'il n'avait cependant jamais été condamné pour des faits de terrorisme ou d'apologie du terrorisme. 


Selon Thierry Labrot, syndicaliste UFAP à la maison d'arrêt de Brest, il se serait radicalisé "à travers ses fréquentations qu'il avait en détention". Il s'était laissé pousser la barbe, portait la djellaba et faisait cinq prières par jour. "L'établissement n'est pas fait pour recevoir ce profil de détenus", a-t-il regretté. Une source proche de l'enquête nuance : il ne tenait pas de discours rigoriste, ni avant ni pendant sa détention.


Anthony P. aurait plusieurs comptes à son actif sur les réseaux sociaux. Sur l'une de ses pages Facebook, inactive depuis deux ans, il a posté de nombreux posts valorisant le djihad. Sur l'un deux, il indique "SVP, un peu de patience, la loi d'Allah est bientôt de retour".


Il est "dangereux", a jugé pour sa part auprès de l'AFP le secrétaire général du Grand ouest de la CGT pénitentiaire, Samuel Gauthier. Des téléphones portables ont été retrouvés dans sa cellule, a indiqué une source proche de l'enquête.

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