"C'est du jamais vu" : en Guadeloupe, des prisonniers invités à déposer leurs armes contre une remise de peine

"C'est du jamais vu" : en Guadeloupe, des prisonniers invités à déposer leurs armes contre une remise de peine

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DÉTENTION - En Guadeloupe, des prisonniers du centre pénitentiaire de Baie-Mahault ont été invités par le parquet à rendre les armes qu'ils détiennent en prison, en échange de 30 jours de réductions supplémentaires de peines. Un marché qui fait bondir la CGT Pénitentiaire.

Les armes y prolifèrent depuis bien longtemps. Au point que le parquet a décidé de changer de stratégie. Xavier Bonhomme, procureur de la République de Pointe-à-Pitre, a ainsi invité les détenus du centre pénitentiaire de Baie-Mahault à déposer leurs "armes" en échange de "30 jours de réductions supplémentaires de peines".


Objectif de la manœuvre : mettre un terme à la multiplication des armes dans l’édifice. Et Xavier Bonhomme de faire un parallèle avec la campagne "déposez les armes" organisée entre février et juin derniers afin de stopper la circulation des armes dans l’archipel. L’opération avait notamment permis de retirer 218 armes et 6936 cartouches de la circulation, souligne Martinique 1ère.

Ça n'a aucun sensCGT Pénitentiaire

"Il faut faire preuve de fermeté mais aussi d'originalité pour essayer de trouver des réponses à la délinquance telle qu'on la connaît", estime le procureur qui ajoute : "On est dans la prévention, qui passera au stade de la répression si, quelques semaines plus tard, des armes seront trouvées dans les cellules". 


Une précaution de langage insuffisante pour ne pas faire bondir la CGT Pénitentiaire. "Avoir une arme ici, c'est carrément interdit, pointe Eric Petilaire, secrétaire régional du syndicat, cité par l’AFP. Si vous, on vous contrôle dans votre voiture, on vous trouve avec une arme, vous serez sanctionné. Et en prison, on leur dit de ramener ces armes, (qu') ils auront des remises de peine ? Ça n'a aucun sens, c'est du jamais vu dans la pénitentiaire !" Selon lui, "c'est inviter les détenus à fabriquer des armes".

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ARCHIVES : Violence, insalubrité, promiscuité... Images exclusives de la prison de Baie-Mahault, en Guadeloupe

429 armes saisies depuis un an

D’après une note diffusée au sein du centre pénitentiaire et dévoilée par l'AFP, les détenus doivent "démontrer des efforts sérieux de réadaptation sociale" avec des "engagements lors de la remise des armes". La démarche doit en outre être entreprise par tous les occupants de la cellule. Lesquels doivent promettre de "ne plus détenir d'arme" et accepter "une fouille de la cellule dans les six  mois suivant la remise".


Depuis un an, trois grosses fouilles ont eu lieu dans la prison (octobre 2016, mars et août 2017). 429 armes avaient été saisies en tout dans ce centre pénitentiaire qui accueillait il y a un an quelque 700 détenus pour 450 places, selon des chiffres du syndicat UFAP UNSA.

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