Cabinets dentaires low cost Dentexia : 1553 plaintes, le fondateur Pascal Steichen placé en détention

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JUSTICE - Deux ans après l’ouverture de l’enquête sur les cabinets dentaires Dentexia, son fondateur Pascal Steichen a été mis en examen jeudi et placé en détention provisoire. Son épouse et le trésorier de Dentexia ont également été inculpés. Mutilations, surtraitement, ... au total 1553 plaintes sont désormais comptabilisées dans ce dossier hors norme qui comporte 2900 victimes.

L'enquête sur les pratiques douteuses des cabinets dentaires low cost Dentexia a connu une importante avancée cette semaine avec la mise en examen et le placement en détention provisoire de son fondateur, Pascal Steichen. Sa femme et le trésorier de Dentexia ont eux aussi été mis en examen dans le cadre de cette affaire. Des plaintes en cascade de patients mal soignés ou abandonnés en cours de traitement avaient conduit en juillet 2016 à l'ouverture d'une information judiciaire. A ce jour, l'enquête cumule 1553 plaintes de patients qui demandent réparation.


Après deux ans d'investigations, les magistrats ont donc procédé aux premières mises en examen. Désormais en détention provisoire, Pascal Steichen se voit reprocher plusieurs infractions: "pratique commerciale trompeuse", "tromperie aggravée", "blanchiment en bande organisée", "banqueroute", "abus de confiance", "abus de biens sociaux", "fraude fiscale" et "escroquerie en bande en organisée", a détaillé une source judiciaire.


Son épouse, également dans le viseur, a été mise en examen jeudi, notamment pour recels d'escroquerie en bande organisée et de banqueroute. Le trésorier de Dentexia a quant à lui été mis en examen vendredi notamment pour "tromperie aggravée", "pratique commerciale trompeuse", "blanchiment en bande organisée", "fraude fiscale", "escroquerie en bande organisée" et complicité de banqueroute. Ils ont tous les deux été placés sous contrôle judiciaire.

Dentexia, une organisation "mercantile"

Le concept de Dentexia était simple : salarier des dentistes, les concentrer sur les soins grâce à l'emploi en nombre d'assistants et rationaliser les actes, en regroupant notamment en un seul rendez-vous ce qui pourrait être fait en plusieurs. Sauf que plusieurs centres ont fermé pour des raisons sanitaires avant que la justice ne prononce mars 2016 la liquidation de Dentexia, en évoquant une organisation "mercantile".


Lundi, quatre anciens dentistes du réseau Dentexia ont comparu à Dijon à une audience disciplinaire devant le conseil de l'Ordre des chirurgiens-dentistes de Saône-et-Loire. L'instance leur reproche notamment des atteintes à la santé des patients et à la déontologie, évoquant des cas de "mutilation", de "sur-traitements" ou encore un "manque d'explication" des actes pratiqués. Les praticiens encourent une sanction pouvant aller de l'avertissement à la radiation.


"Des centaines de patients ont été laissés à l'abandon, la plupart en cours de soins, et se sont retrouvés piégés car ils avaient payé par avance leurs travaux dentaires, sur leurs fonds propres ou par le biais de crédits", dénonce sur son site internet le Collectif contre Dentexia, qui regroupe quelque 2900 victimes de ces centres dentaires à bas coût. 

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